9 février 2012
De nouvelles règles d’achat imposent un guichet unique
La Commission scolaire dénonce une décision du MELS
Par: Le Courrier
Le président de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, Richard Flibotte, dénonce l'imposition d'un fournisseur unique pour l'achat de matériel informatique.

Le président de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, Richard Flibotte, dénonce l'imposition d'un fournisseur unique pour l'achat de matériel informatique.

La Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH) dénonce les nouvelles règles d’achat de matériel informatique imposées par le ministère de l’Éducation (MELS) dans le cadre du programme École 2.0 : la classe branchée, qui oblige les organisations scolaires à se tourner vers un seul fournisseur pour ses achats regroupés d’ordinateurs portables.

Le programme École 2.0 prévoit l’achat d’un portable pour chaque enseignant et d’un tableau numérique interactif (TNI) par classe à travers tout le Québec, au cours des cinq prochaines années.

Pour bénéficier des allocations du MELS, qui remboursera totalement ces dépenses, les commissions scolaires doivent toutefois se procurer les ordinateurs portables dans le cadre d’un achat regroupé auprès du Centre de services partagés du Québec (CSPQ), sans quoi elles ne toucheront pas un sou. Or, depuis de nombreuses années, plusieurs commissions scolaires, dont celle de Saint-Hyacinthe, faisaient plutôt affaire avec le Centre collégial de services regroupés (CCSR) pour effectuer leurs achats d’équipement informatique. Selon les commissaires, la règle contraignante du MELS – qui ne s’applique pourtant pas à l’achat des tableaux numériques – entraînera une augmentation substantielle du coût des ordinateurs pouvant atteindre jusqu’à 200 $ de plus par appareil. Cette augmentation s’explique en partie par certains frais exigés par le Centre de services partagés du Québec qui n’existent pas au Centre collégial de services regroupés. Le CSPQ impose une cotisation de 500 $ d’adhésion et des frais d’administration pour chaque commande en fonction de son volume. Ces frais s’élèvent à 6 % pour les achats de 40 000 $ et moins et à 1 % en plus d’un montant fixe de 2 000 $ pour les achats de plus de 40 000 $, selon les renseignements obtenus par les commissaires.« Le CSPQ offre de bons prix lui aussi, mais avec tous les frais ajoutés, ça nous revient beaucoup plus cher malgré notre bon volume d’achat, dénonce vivement le président de la CSSH, Richard Flibotte. Sans compter que nous perdrons les avantages dont nous jouissions avec la CCSR, notamment une remise en fin d’année selon le volume de nos achats. Cette remise s’élevait à 6 000 $ pour notre commission scolaire l’an dernier. »À l’heure où les commissions scolaires sont acculées au pied du mur pour économiser et réduire leurs dépenses, le président de la CSSH n’en revient tout simplement pas que de telles conditions soient imposées par le Ministère. « On sait pertinemment qu’on pourrait faire les mêmes achats à un meilleur prix. Pourquoi nous imposer un fournisseur? En bout de piste, ce sont des gros montants qui auraient pu servir à autre chose. Je comprends que le gouvernement souhaite augmenter son contrôle des dépenses en imposant certaines règles, mais quand on contrôle les dépenses, c’est pour que ce soit moins cher, pas l’inverse! »

Mac ou PC

Par ailleurs, le parc informatique de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe est composé à 45 % d’appareils Mac (Apple) qui ne sont pas disponibles au CSPQ pour le moment. La Commission scolaire tient pourtant mordicus à fournir à chaque enseignant un appareil qu’il soit en mesure d’exploiter à son plein potentiel.

« Nous avons une grande proportion d’enseignants qui travaillent avec des Mac depuis de nombreuses années et qui sont habiles avec cette technologie. Nous voulons fournir à chacun un appareil qu’il maîtrise, que ce soit Mac ou PC, pour assurer le plus grand succès de ce programme pédagogique. »La CSSH prévoit faire l’acquisition de 800 ordinateurs portables dans le cadre du programme de l’École 2.0. Lors de la séance ordinaire du Conseil des commissaires, tenue le 20 décembre, une résolution a été adoptée pour dénoncer cette situation auprès du MELS et du Conseil du Trésor.« À ma connaissance, c’est la première fois qu’on oblige les commissions scolaires à faire certains achats à un endroit donné. J’aimerais qu’on m’explique pourquoi », a conclu M. Flibotte. Le MELS n’avait toujours pas offert de réponse au COURRIER au moment de mettre sous presse.

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