24 novembre 2016
La délivrance
Par: Martin Bourassa

Au moins 3 millions de fois, à quelques dizaines près. C’est le nombre de fois où je me suis fait demander au cours des derniers mois quand allait être rouvert à la circulation le fameux pont Bouchard, rebaptisé depuis un an le pont des longs, très longs soupirs par des automobilistes exacerbés.

À chaque fois, ma réponse était la même. « Fin novembre, début décembre selon ce qui a été annoncé tout au début du chantier par les autorités. »

C’est dire combien la réouverture était attendue et combien sa fermeture précipitée en octobre 2015 a bousculé les habitudes d’un peu tout le monde.

Il y a un an, on prévoyait des retards à répétition pour les travailleurs, pour les écoliers, pour les livreurs et tutti quanti. On craignait aussi pour la survie des commerçants de l’Annexe et du centre-ville. Bref, on anticipait le pire. Mais le pire n’est pas venu.

Bien entendu, il y a eu des tonnes de désagréments. Il a fallu s’ajuster, modifier nos habitudes et nos horaires. Apprendre à prendre son gaz égal et à respirer par le nez.

Les premières semaines, voire les premiers mois, ont été éprouvants.

Puis, le Maskoutain s’est habitué à la présence des signaleurs, à leurs simagrées. Au point où il fallait parfois redoubler de vigilance aux intersections du centre-ville hors des heures de pointe, à force de ne plus avoir à respecter la signalisation en vigueur en temps normal. À propos des signaleurs, je demeure perplexe. Pas tant sur leur présence, que sur la qualité de leur travail. Je dirais que certains étaient carrément mauvais les premiers temps, mais que ceux qui accrocheront leur dossard dans quelques jours peuvent quitter la rue la tête haute. Beau et difficile travail.

Lundi soir, le maire Claude Corbeil s’est fait beaucoup d’amis en profitant de la séance publique du conseil municipal pour annoncer la réouverture du pont le vendredi 25 novembre. L’excitation s’est emparée des réseaux sociaux dès que la nouvelle s’est répandue à partir du fil Twitter du Courrier de Saint-Hyacinthe.

On a su le lendemain qu’il s’était un peu avancé, en tenant pour acquis que l’entrepreneur serait en mesure de rouvrir le pont à la date fixée dans son contrat, question de ne pas avoir à assumer de lourdes pénalités. Vérifications faites auprès de la firme concernée hier matin, il semble qu’il serait plus juste de miser sur le début de la semaine prochaine. On ne fera pas de chichi pour deux ou trois jours de plus, non? Alléluia!

Nous serons bientôt délivrés du mal chers amis. En l’espace d’à peine quoi deux ans, nous aurons survécu collectivement et solidairement à la reconstruction du viaduc Laframboise, aux travaux d’infrastructures du boulevard Laurier et à la fermeture complète du pont Bouchard pendant plus d’un an. Un petit répit ne serait pas de refus maintenant.

En terminant, il faut quand même lever notre chapeau aux principaux artisans de ce vaste chantier qui se complète, dit-on, à l’intérieur du budget et de l’échéancier initial. Ce n’est pas un mince exploit vu les circonstances particulières de ce chantier enjambant la rivière Yamaska. Souhaitons que ce pont soit bon pour au moins 40 ans.

Est-ce trop demander?

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