10 novembre 2016
Région administrative
La MRC des Maskoutains souhaite un redécoupage de la Montérégie
Par: Benoît Lapierre

Ressoudée en un seul grand bloc comptant 1 519 964 habitants, la Montérégie est redevenue, dans l’organisation étatique, une immensité administrative de 11 110 km2 dont dépendent 177 municipalités, pas toutes heureuses de cette réalité.

Certaines prêchent maintenant pour l’éclatement de cette structure et le retour à ce qui existait avant la loi 28 de juin 2015, c’est-à-dire à une Montérégie divisée en trois sous-régions: la Montérégie-Est, la Montérégie-Ouest et l’Agglomération de Longueuil.

Lancé en juin 2016 par la MRC de Rouville – elle a acheminé sa requête au bureau du premier ministre Philippe Couillard -, le mouvement en faveur du redécoupage de la Montérégie prend de l’ampleur. La MRC des Maskoutains a décidé d’y adhérer le 17 août en adoptant une résolution qui est calquée sur celle de Rouville.

L’Agglomération de Longueuil – mais sans Saint-Lambert et Saint-Bruno – ainsi que quatre autres MRC de la Montérégie ont fait de même. Il s’agit des MRC de la Haute-Yamaska, du Haut-Saint-Laurent, de Beauharnois-Salaberry et de la Vallée-du-Richelieu, a indiqué au COURRIER la directrice adjointe de la MRC de Rouville, Anne-Marie Dion. Les villes de Longueuil, Brossard et Boucherville (Agglomération de Longueuil) ont aussi adhéré séparément au mouvement en adoptant leur propre résolution, apprend-on dans un reportage du portail MédiaSud daté du 26 septembre.

Ce journal électronique avait profité du passage du premier ministre Coulliard dans la circonscription de Marie-Victorin pour l’interpeler au sujet de la requête de la MRC de Rouville. M. Couillard lui a aussitôt exprimé son refus d’envisager un redécoupage de la Montérégie, cela en raison des coûts importants qu’engendrerait la mise en place de nouvelles structures régionales ou sous régionales, avait-il expliqué.
Le projet de loi 28, on s’en souvient, contenait diverses mesures visant le retour à l’équilibre budgétaire en 2015-2016. Son adoption a notamment entraîné l’abolition des conférences régionales des élus (CRÉ), dont les CRÉ Montérégie-Est, Montérégie-Ouest et de l’Agglomération de Longueuil. Apparus en 2003, les CRÉ ont servi durant 12 ans de courroie de transmission dans l’administration des programmes gouvernementaux destinés aux régions. Leur disparation fait en sorte que les MRC redeviennent les interlocuteurs directs du gouvernement dans la gestion de programmes, plans d’action, campagnes de promotion, ce que déplorent les MRC contestataires en raison de la lourdeur de la charge.

Elles pointent aussi du doigt la fermeture de bureaux régionaux que plusieurs ministères possédaient en Montérégie Est et Ouest et à Longueuil, suivant le modèle des sous-régions. « Par rapport aux autres régions du Québec, les budgets des différents ministères et organismes gouvernementaux dédiés à la région administrative de la Montérégie ne reflètent pas l’importance de sa population », soutient la MRC de Rouville dans sa requête.

Elle ajoute qu’avec ses 1,5 million d’habitants, la Montérégie dépasse de très loin la taille moyenne des autres régions administratives, laquelle s’établit à 334 752 habitants, exception faite de l’île de Montréal.« La région administrative de la Montérégie, avec ses 15 MRC incluant l’agglomération de Longueuil, compte autant d’habitants que les régions administratives des Laurentides, de Lanaudière et de Laval réunies », fait-elle valoir. La MRC signale enfin que même en subdivisant la Montérégie selon ses trois anciennes sous-régions, la Montérégie Est (651 754 h), la Montérégie Ouest (444 254 h) et la région de Longueuil(415 978 h), il y aurait dépassement, aux trois endroits, du nombre moyen d’habitants dans les autres régions administratives du Québec.

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