17 novembre 2016
À proximité du centre de congrès municipal et de l’Hôtel Sheraton
La Ville tente d’empêcher l’ouverture d’un bar de danseuses
Par: Benoît Lapierre
La Ville tente d’empêcher l’ouverture d’un bar de danseuses

La Ville tente d’empêcher l’ouverture d’un bar de danseuses

La propriétaire du bar de danseuses L’Entre-nous, de la rue des Cascades, se propose d’en ouvrir un second au 5700, rue Martineau, projet que la Ville croit avoir tué dans l’œuf.  Photo François Larivière | Le Courrier ©

La propriétaire du bar de danseuses L’Entre-nous, de la rue des Cascades, se propose d’en ouvrir un second au 5700, rue Martineau, projet que la Ville croit avoir tué dans l’œuf. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Tentant d’empêcher l’implantation d’un bar de danseuses au 5700, rue Martineau, non loin du site de son futur centre des congrès, la Ville de Saint-Hyacinthe a rapidement décidé de les interdire sur tout son territoire, ou presque.

Le projet de règlement dont l’avis de motion a été donné à la séance du conseil municipal du 7 novembre aura pour effet d’interdire l’implantation de tels établissements dans toutes les zones commerciales où ils étaient tolérés jusqu’ici, à l’exception de la zone où se trouve le bar Le Zipper, de l’avenue Saint-Louis.

Après la séance du conseil, le directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Louis Bilodeau, a expliqué que la Ville ne pouvait pas bannir complètement ces commerces sur l’ensemble de son territoire, d’où son choix de ne les permettre que dans la zone commerciale 5138 M07, qui se trouve en retrait du centre-ville et où un bar de danseuses existe déjà.

Le dépôt du projet de règlement a aussitôt provoqué un effet de gel sur tout le territoire, rendant impossible l’ouverture d’un bar de danseuses ailleurs que dans la seule zone où les établissements offrant « des spectacles ou des services rendus par des personnes dévêtues ou partiellement dévêtues » resteront tolérés. Outre le Zipper, Saint-Hyacinthe compte deux autres bars de danseuses, L’Entre-nous et Le Flamingo Cabaret, lesquels pourront poursuivre leurs activités suivant le principe du droit acquis. 

Selon toute vraisemblance, la Ville aurait décidé d’agir à ce moment-ci parce qu’elle aurait eu vent que la propriétaire du bar de danseuses L’Entre-nous, du 950 des Cascades, Nathalie Denis, se préparait à ouvrir une autre boîte du même type dans un local loué au 5700, rue Martineau, situé du côté nord de l’autoroute 20.

Demande pour le 5700, Martineau 

De fait, une compagnie à numéro dirigée par Mme Denis a présenté le 2 novembre à la Régie des alcools, des courses et des jeux une demande de permis de bar avec « autorisation de spectacle et danse avec nudité » pour le local en question. « Aucune décision n’a encore été rendue », a indiqué Janick Simard, agente d’information de la Régie.

Elle a expliqué que dans les 20 premiers jours de la prise en charge du dossier, la Régie allait transmettre un accusé-réception à la demanderesse, informer en même temps la Ville de Saint-Hyacinthe de la demande reçue et procéder à la publication d’un avis public à son sujet.

Mais l’avis de motion donné par le conseil municipal le 7 novembre rend-il cette procédure inutile? Ne vient-il pas d’empêcher l’ouverture d’un bar de danseuses au 5700, rue Martineau?

La première intéressée ne le croit pas. « Oui, je suis au courant pour le règlement de la Ville, sauf qu’ils ne peuvent pas rien faire : ça a été accordé », a annoncé Mme Denis au téléphone, sans spécifier s’il s’agissait du permis d’alcool ou du certificat d’occupation, un document délivré par la Ville. Elle n’a pas apporté d’autres précisions, ajoutant seulement qu’elle était assistée de son avocat dans la poursuite de ses projets.

Film XXX

Le bar l’Entre-nous devait d’ailleurs être le théâtre d’une nouveauté samedi soir, présentée comme une « première au Québec » sur un carton d’invitation fort explicite où il avait pris le nom de « Le Showgirls Club » . À partir de 20 h, l’endroit devait se transformer en plateau detournage d’un film XXX intitulé « Hot Treesom », devant un public d’amateurs du genre ayant acheté leur billet 50 $ en prévente, ou 75 $ à la porte.

LE COURRiER n’a pas eu le temps d’aborder le sujet avec Mme Denis, laquelle ne voulait pas se prêter à un « interrogatoire » au téléphone. Une question se pose toutefois : la définition de « spectacle avec nudité » peut-elle inclure le tournage d’un film pornographique devant un public averti? À la Régie des alcools, on n’a pas pu répondre à cette question. « La Régie pourrait possiblement agir sur réception d’un rapport policier faisant état d’une infraction aux lois et règlements administrés par la Régie », a mentionné Janick Simard. 

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