27 décembre 2018
L’année culturelle 2018 en cinq temps
Par: Le Courrier

L’année Karoline Georges

L’Espace Rona n’est plus, vive le Cabaret André-H.-Gagnon

15 ans de Zaricot

Un grand succès pour ORANGE

La renaissance de l’Opus 9

1 – L’année Karoline Georges

L’année 2018 restera assurément bien gravée dans la mémoire de l’artiste maskoutaine Karoline Georges. Avec son livre De synthèse, son septième en carrière paru à la fin 2017, l’auteure a cumulé les honneurs tout au long de l’année. Entre le Prix Jacques-Brossard de la science-fiction et du fantastique, le Prix Aurora-Boréal du meilleur roman et le Prix Arlette-Cousture des Grands prix du livre de la Montérégie, il y a eu l’ultime consécration : le Prix littéraire du gouverneur général dans la catégorie romans et nouvelles. « Je suis un peu sous le choc. C’est tellement gros que je ne réalise pas encore pleinement ce qui se passe. C’est un peu irréel en ce moment », avait-elle commenté dans les heures qui ont suivi le dévoilement des lauréats. Karoline Georges s’est rendue à Ottawa le 28 novembre pour recevoir cette distinction, la plus prestigieuse au Canada, des mains de la gouverneure générale Julie Payette (comme on peut le voir sur la photo). Une autre reconnaissance pourrait s’ajouter au palmarès en 2019, alors que De synthèse est en lice pour le Prix littéraire des collégiens.

2 – L’Espace Rona n’est plus, vive le Cabaret André-H.-Gagnon

L’empreinte de l’homme d’affaires et philanthrope maskoutain André H.-Gagnon, décédé le 24 novembre 2017, restera à jamais gravée au Centre des arts Juliette-Lassonde. Jusque-là appelée l’Espace Rona, la petite salle de style cabaret adjacente à la grande salle Desjardins a été renommée cet automne le Cabaret André-H.-Gagnon afin d’honorer la mémoire de celui qui avait mené de front l’impressionnante collecte de fonds populaire de 2,5 M$ lors de la construction du Centre des arts. Dans une grande fête, qui a mis en vedette son artiste fétiche Grégory Charles, famille et amis ont rappelé à quel point, au-delà de l’homme d’affaires, André H.-Gagnon était un homme de cœur, de conviction, d’engagement et de dépassement. « Papa était un homme d’envergure économique qui avait choisi de redonner à fond par la culture, et cette reconnaissance du milieu envers sa contribution nous touche beaucoup », avait souligné sa fille Ève Chantal. À la suite de son décès, M. Gagnon avait d’ailleurs été exposé dans cette salle qu’il affectionnait tant.

3 – 15 ans de Zaricot

Alors qu’une tempête frappait de plein fouet les salles de spectacles émergentes, avec la fermeture du Cercle, à Québec, et du Divan Orange, à Montréal, le Zaricot lui « survit très bien » et célébrait cette année ses 15 ans d’existence. En plus du spectacle-événement mettant en vedette Patrick Watson, la salle rustique / bar de la rue des Cascades a accueilli plusieurs des artistes de l’heure comme Hubert Lenoir, Loud, Lisa Leblanc et Milk and Bone. Après une année 2018 festive et couronnée de succès, de grandes choses attendent le Zaricot en 2019, alors que le SMAC, un OBNL regroupant plusieurs diffuseurs indépendants du Québec, est sur le point de voir le jour. Cette organisation pourrait notamment aider ces salles émergentes à avoir accès à d’éventuelles subventions, elles qui n’ont aucune subvention en raison de leur statut de bar, malgré qu’elles soient également des lieux de diffusion.

4 – Un grand succès pour ORANGE

Avec son parcours inédit entre quatre lieux d’exposition (Expression, le Cégep de Saint-Hyacinthe, le pavillon horticole du Jardin Daniel A. Séguin et la chapelle des Sœurs de Saint-Joseph), ORANGE, l’événement d’art actuel a attiré bon nombre de curieux, initiés ou non aux arts contemporains, dans le cadre de sa 6e édition cet automne. Sous le thème de la traçabilité, les commissaires Isabelle et Marie-Ève Charron ont créé des mariages parfaits entre artistes et partenaires agricoles, une façon différente de présenter l’art qui a assurément plu vu le succès de cette édition. Par ailleurs, la codirectrice d’ORANGE, Véronique Grenier, a confirmé après l’événement qu’une prochaine édition de la triennale sera tenue en 2021.

5 – La renaissance de l’Opus 9

L’un des plus vieux orgues de Casavant Frères, l’Opus 9, aura une deuxième vie. Rangé depuis 2010 après avoir été rapatrié de Lacolle, où il a toujours résonné, l’instrument datant de 1885 a été complètement reconstitué à l’intérieur de la chapelle du monastère du Précieux-Sang, sur la rue Girouard Ouest de Saint-Hyacinthe, à la fin de l’année. On devrait l’entendre pour la première fois en début d’année 2019 à l’occasion d’un grand concert, a fait savoir au COURRIER David Bousquet, qui a coordonné ce projet d’envergure. L’Opus 9 est un instrument inscrit au Registre du patrimoine culturel depuis 1981 qui compte un total de 256 tuyaux de métal ou de bois. Quatre autres orgues de Casavant Frères se trouvent également sur la rue Girouard, dont l’Opus 8, à la Cathédrale de Saint-Hyacinthe, et l’Opus 1313, qui avait remplacé l’Opus 7 à la chapelle du Séminaire de Saint-Hyacinthe.

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