21 septembre 2017
Entente supralocale
Le conseil dit oui, Leclerc dit non
Par: Benoît Lapierre
Le conseiller Alain Leclerc a exprimé son insatisfaction sur le dénouement des négociations dans le dossier des équipements supralocaux.  Photothèque Le Courrier

Le conseiller Alain Leclerc a exprimé son insatisfaction sur le dénouement des négociations dans le dossier des équipements supralocaux. Photothèque Le Courrier

Partisan de la ligne dure face aux municipalités qui profitent des installations de loisir de la ville-centre, le conseiller Alain Leclerc s’est rebiffé lundi soir lorsque le conseil municipal a eu à se prononcer sur un nouveau projet d’entente intermunicipale sur les services et équipements supralocaux.

Très au fait du dossier puisqu’il était l’un des représentants de Saint-Hyacinthe à la table des négociations avec les municipalités, M. Leclerc désapprouve ce projet d’entente de 10 ans destiné à remplacer l’accord de 2002. Lorsque son collègue Bernard Barré a proposé son adoption, il a donc voté contre.

Chiffres à l’appui, il s’est fait fort de démontrer que cette entente est inéquitable pour les contribuables maskoutains. « Là où ça fait mal, c’est sur le compte de taxes des citoyens », a-t-il lancé, après avoir rappelé que le conseil avait commandé une étude à la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) précisément pour régler un problème d’inéquité.

« Aujourd’hui, c’est 2 054 000 $ que devraient payer les municipalités, mais en 2017, les services ne leur ont coûté que 419 000 $. En 2018, ce sera 450 000 $, au lieu de 2 095 000 $. En 2027, on arrivera à 850 000 $ au lieu de 2 504 000 $ », a-t-il décliné pour illustrer les écarts qu’il dénonce et qu’il se refuse à accepter.

Selon ses calculs, le manque à gagner de Saint-Hyacinthe a atteint 6 337 553 $ au cours du dernier mandat (2014-2017) et il se chiffrera à 16 294 000 $ dans 10 ans. « Et l’entente ne prévoit pas les ajouts d’équipements supralocaux. On a l’exemple du projet de bibliothèque, qui va sûrement coûter 9 ou 10 M$ », a-t-il poursuivi.
Sans mettre en doute ses calculs, Bernard Barré s’est dit en désaccord avec son raisonnement. « Combien de municipalités parmi les 16 auraient signé avec les chiffres qu’il nous a donnés? », a questionné le parrain de la résolution.

« À mon avis, probablement aucune. On aurait continué avec l’ancienne (entente), qui ne mentionnait pas le prix de la carte loisirs », lui a répondu Alain Leclerc, laissant ainsi entendre que le tarif pour l’émission d’une carte Accès-Loisirs à un non-résident aurait pu être ajusté à la hausse, en fonction du coût réel des services donnés.
D’autres, comme Donald Côté, croient qu’une ville-centre comme Saint-Hyacinthe doit agir de manière à préserver un climat de bonne entente avec les municipalités voisines. « D’un point de vue mathématique, ce que dit M. Leclerc est tout à fait défendable, mais ça fait partie des compromis que moi, j’accepte », a déclaré le conseiller de Sainte-Rosalie.

S’exprimant à son tour sur le sujet, Nicole Dion-Audette a signalé que lorsque Saint-Hyacinthe décide de se doter de nouvelles infrastructures à caractère supralocal, elle ne demande pas la permission aux municipalités partenaires.

David Bousquet a, quant à lui, fait valoir qu’un dossier comme celui-là ne se limitait pas à laseule question monétaire. « Il faut aussi conserver pour nos clubs une marge critique de participants aux activités », a-t-il ajouté.
Le maire Claude Corbeil a mis fin au débat en déclarant qu’il n’était pas d’accord avec Alain Leclerc. « On avait fait le pari qu’on en arriverait à une entente négociée. On a pris part à six, sept, huit rencontres, on a passé beaucoup de temps là-dessus. M. Leclerc, vous avez participé à toutes les rencontres et vous n’avez jamais barré des quatre roues, sauf à la dernière. La vie m’a appris que lorsqu’on commence une négociation, il faut être prêt à mettre de l’eau dans son vin. On en sort gagnant, de cette entente avec nos voisins », a-t-il conclu.

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