7 septembre 2017
Valorisation de la biomasse
Le CTBM prend de l’expansion à Saint-Pie
Par: Benoît Lapierre
Le CTBM prend de l’expansion à Saint-Pie

Le CTBM prend de l’expansion à Saint-Pie

Les installations actuelles du CTBM traitent 50 000 tonnes de matières organiques annuellement. Photo François Larivière - Le Courrier

Les installations actuelles du CTBM traitent 50 000 tonnes de matières organiques annuellement. Photo François Larivière - Le Courrier

Benoit Paré, président et chef de l’exploitation du CTBM, pose devant l’endroit où sera construit une usine de traitement de boues d’Olymel. Photo François Larivière - Le Courrier

Benoit Paré, président et chef de l’exploitation du CTBM, pose devant l’endroit où sera construit une usine de traitement de boues d’Olymel. Photo François Larivière - Le Courrier

Dans l’ombre du projet de biométhanisation de la Ville de Saint-Hyacinthe, une autre installation de valorisation des matières organiques par procédés industriels connaît du succès dans la région.

Le Centre de traitement de la biomasse de la Montérégie (CTBM), une entreprise privée installée dans le Grand rang Saint-François, sur le territoire de la ville de Saint-Pie, vient même d’entrer dans une phase d’expansion. D’ici l’été 2018, pas moins de 25 M$ seront investis dans trois nouvelles constructions, deux d’entre elles devant répondre à des besoins spécifiques de la société Olymel.
« Le CTMB, c’est une grosse usine d’épuration des eaux usées qui traite une forte charge de matières organiques, à peu près la même que la station d’épuration de Granby. C’est moins de volume, mais beaucoup plus en charge », explique le président et chef de l’exploitation du CTBM, Benoit Paré.
Pour l’instant, ce sont 50 000 tonnes de matières organiques qui sont acheminées annuellement au CTBM, principalement par camion-citerne, et sous toutes les formes : boues d’abattoir, jus de canneberge, sous-produits laitiers, légumes en conserve, résidus de nettoyage de lignes de production de produits alimentaires, gras capturés dans les trappes à graisse des restaurants. « Notre permis nous permet aussi de recevoir des produits cosmétiques, des crèmes solaires, des jus périmés, des vins et des bières déclassés. À terme ce sont 184 00 tonnes que nous pourrons recevoir par année », poursuit le président de l’entreprise.
D’abord détenu par des agriculteurs qui traitaient les matières dans des fosses à purin, le site du CTBM est devenu en 2004 la propriété du groupe SNC-Lavalin. Il l’est demeuré jusqu’en 2012, année ou Serge Gendron, un industriel spécialisé dans l’acier d’armature (Groupe AGF), en a fait l’acquisition.
Devenu son principal collaborateur, Benoit Paré veille au bon fonctionnement et au développement d’une usine entièrement automatisée dont s’occupent avec lui huit employés. La provenance des camions, l’heure du chargement, la nature des produits transportés, tout est pesé, compté et analysé en laboratoire pour assurer la traçabilité des matières.
Biométhane
Le projet d’expansion sur la table comporte deux grands volets, et le premier consiste en la construction d’une usine de fabrication d’engrais biocertifiés. « Il s’agira de matières plus nobles à haute valeur économique. Actuellement, la matière solide qui sort du site est valorisée au champ et on doit payer pour ça. »
Sur un emplacement voisin, le CTBM a commencé la construction d’une usine où Olymel traitera, avec ses propres équipements, les boues d’abattoir de ses usines pour en extraire des huiles et fabriquer des farines riches en protéines. Cette usine sera alimentée en énergie par le biométhane que le CTBM produira à même des installations de biométhanisation qui seront aussi ajoutées au site. À ce propos, M. Paré souligne que la vente de biogaz au distributeur Gaz Métro est une option qui a été écartée. « On l’a regardée, mais ce n’est pas rentable. La tarification proposée ne justifie pas l’investissement. Nous voulons nous spécialiser dans les produits à valeur ajoutée : c’est le modèle économique qu’on veut développer. »
Depuis le début, c’est la tarification sur le traitement des intrants qui assure la rentabilité du CTBM, et c’est ce modèle qui est appelé à changer. Pour son projet, le Centre bénéficiera d’une subventionde 5 M$ provenant du programme ÉcoPerformance du gouvernement du Québec, mais avec obligation de résultats sur une période de 10 ans.
Ex-président de la firme Fabgroups Technologies, Benoit Paré travaillait au développement d’une torche au plasma pour Hydro-Québec lorsqu’il a été approché par Serge Gendron, après son passage à l’émission Découverte, de Radio-Canada.
Selon lui, il y a suffisamment de matières organiques sur le marché québécois pour satisfaire tous les joueurs dans cette sphère, y compris la Ville de Saint-Hyacinthe, et cela malgré des fuites énormes du côté de l’Ontario. « Ils reçoivent le produit à coût presque nul à cause des subventions. »

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