14 février 2019
Carte blanche
Le mal de l’un…
Par: Pierre Bornais

Ne guérit pas le mal de l’autre. Cette maxime populaire est la première pensée qui m’a effleuré l’esprit en prenant connaissance du projet de la CAQ concernant l’immigration au Québec. Il s’agit bien sûr d’un dossier délicat qui hante notre vie politique depuis des décennies sans que de véritables solutions soient mises de l’avant par les autorités responsables.

Dès le départ, on mettrait en péril la situation de milliers de personnes ayant complété le document pour être éligibles à leur établissement au Canada (et au Québec). D’autant plus que des milliers sont sur place, avec la famille très souvent, et qu’ils occupent des emplois qui les amènent à payer taxes et impôts chez nous.

Mon réflexe premier a été confirmé quand, face aux nombreuses critiques, le ministre responsable s’est mis à rétropédaler en affirmant que ceci ne voulait pas dire cela etc. Et face aux critiques partisanes, le nouveau gouvernement s’est appliqué à faire porter le chapeau au Parti libéral, l’accusant d’avoir fait traîner les choses en longueur.

C’est pourtant à ceux qui sont en place de gérer maintenant la situation; d’autant plus que le peuple a jugé – très sévèrement – le PLQ lors des élections d’octobre 2018. Et si les cartes n’étaient pas assez mêlées, le premier ministre lui-même en a ajouté une couche, sinon deux, en affirmant que l’immigration devrait mieux servir l’économie. Et qu’en dernière analyse, aucune personne ne sera vraiment expulsée, causant alors un vide encore plus grand dans la recherche de main-d’œuvre compétente et francophone!

Pourquoi alors semer un tel émoi et surtout recourir à une solution aussi radicale que de tout détruire et retourner à la case départ? Et comment espérer que l’incompétence d’hier (réelle ou supposée) ne fait pas partie de l’héritage?

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