21 février 2019
Carte blanche
Le péril vert
Par: Christian Vanasse

Québec Solidaire est accusé de racisme après que sa députée Émilise Lessard-Therrien ait parlé d’investisseurs chinois qui agissent comme des « prédateurs de terres agricoles ». Certains sont choqués que QS agite le spectre du « péril jaune » (ici, je mets ma face dans ma main) et utilise le mot « prédateur » qui réfère aux agresseurs sexuels (ma face est toujours dans ma main, mais agitée d’un petit fou rire).

Permettez-moi de douter des intentions racistes de la députée solidaire qui n’a jamais parlé d’un « péril jaune », mais aurait pu parler d’un « péril vert », vert comme dans billets de banque. Et dans le monde des affaires et leur libre marché imaginaire, les prédateurs sont des « personnes ou groupes qui attaquent la concurrence pour accroître leur puissance ». Pis ça adonne que nos terres agricoles sont plus que jamais la cible de spéculateurs de partout oui, mais… surtout de Chine. Pour des raisons évidentes : elle a de l’argent et une classe moyenne qui consommera bientôt comme des Américains. Elle aura besoin de toutes les terres de la Terre. En Afrique, en Europe et ici. Mais assez parlé des Chinois, parlons de nous! Pas plus tard que l’an dernier, les libéraux disaient un oui enthousiaste au modèle d’affaire de Pangea, un gros spéculateur, qui possède déjà 6000 hectares de terres agricoles. Ils ont même permis que la Caisse de Dépôt y investisse votre argent. Et ne comptez pas sur la CAQ pour y voir un problème non plus. Pangea, c’est aussi Charles Sirois, un ami personnel de François Legault, qui l’a aidé à fonder la CAQ et à payer les dettes de l’ADQ.

Alors, QS ne faisait que relever une évidence, la spéculation existe, inquiète tout le monde agricole et non seulement le loup est déjà dans la bergerie, mais le gouvernement fait l’inventaire avec lui.

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