15 février 2018
Hermel Giard 1936-2018
Le semeur heureux
Par: Martin Bourassa

C’est avec tristesse que j’ai appris le décès soudain d’Hermel Giard, un homme plus grand que nature pour qui j’ai toujours eu énormément de respect et d’admiration. Il faut dire que M. Giard faisait figure de légende dans le monde agricole québécois où le nom des Giard est enraciné profondément et est avantageusement connu.

Une légende d’une simplicité désarmante, accessible, terre à terre, intéressée et intéressante. « Une figure marquante de l’agriculture du 20e siècle au Québec, un rassembleur et un visionnaire », dira de lui Christian St-Jacques, président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie, en lui rendant un hommage mérité.
Peu après ma nomination en tant que rédacteur en chef en 2004, M. Giard était passé me voir à mon bureau au moment de renouveler son abonnement. Pour se présenter et pour apprendre à connaître le tout jeune homme à qui on venait de confier la plume vitriolique du regretté Jean Vigneault, mon mentor. Il faut dire que les deux hommes avaient partagé de bons moments peu avant le décès de M. Vigneault, le temps d’une longue entrevue qui avait consacré M. Giard comme personnalité du mois de février 2004 de la Chambre de commerce et du Courrier de Saint-Hyacinthe.
M. Vigneault avait alors tracé le portrait d’un homme profondément heureux et fier de ses racines. « Hermel Giard est de cette race avec laquelle on bâtit de grandes familles, des générations fières et nobles, des régions enracinées dans les valeurs traditionnelles », écrivait avec justesse mon prédécesseur.
Lors de notre première rencontre, M. Giard n’avait que très peu parlé de lui, surtout de sa belle famille, la grande fierté de sa vie. Et pour avoir croisé à quelques reprises ses fils Simon, Vincent et Éloi au cours des dernières années, je peux vous confirmer que les fruits ne sont pas tombés loin de l’arbre. C’est du bien bon monde ces Giard-là. Ils ont les valeurs à la bonne place. Près du cœur.
Je me souviens également de ma dernière rencontre avec M. Giard en octobre 2016. Nous avions échangé quelques blagues, assis à la même table pour entendre John Parisella discourir sur les élections américaines devant la chambre de commerce. Spectateur attentif, M. Giard était accompagné de son épouse, Huguette, avec qui il aura finalement partagé 60 ans de vie commune. Ils étaient tous les deux heureux d’être là et fiers de voir à l’œuvre leur fils Simon alors président de la Chambre de commerce et aujourd’hui maire de Saint-Simon. Comme Hermel Giard l’a aussi été de 1979 à 1993 puisqu’il croyait plus que tout à la nécessité de s’investir dans tous les domaines pour l’avancement de la société, que ce soit au niveau syndical, politique ou communautaire. Avec le décès de M. Giard, la région et l’agriculture québécoise viennent de perdre un homme de qualité qui a beaucoup et bien semé.

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