17 janvier 2019
Compte de taxes
Le voici, le voilà
Par: Martin Bourassa

Mon compte de taxes a fait son apparition dans ma boîte aux lettres avec douceur et légèreté, même si je redoutais son arrivée pour un paquet de bonnes raisons.

D’abord, un nouveau rôle d’évaluation foncière a été livré l’automne dernier et est entré en force le 1er janvier. Puis, autre élément qui inspire toujours une certaine crainte, la Ville de Saint-Hyacinthe ne donne pas l’impression de dépenser avec parcimonie au cours des derniers mois, voire des deux ou trois dernières années.

Les projets coûteux et ambitieux n’ont pas manqué et ne manqueront pas de sitôt. D’où l’idée de redouter l’arrivée du compte de taxes qui nous place devant une réalité implacable : celle de devoir mettre la main dans sa poche pour payer les factures. C’est avec un certain soulagement que j’ai pris connaissance du contenu. Ma propriété a pris plus de valeur que la hausse moyenne du secteur résidentiel, mais en revanche, l’augmentation de taxes n’est pas exagérée. Quelques dizaines de dollars.

Quand je regarde mon compte de taxes et que je le compare à celui de quelques proches qui résident dans des municipalités voisines, je ne suis pas gêné. D’autant plus que la qualité des services municipaux dont nous profitons est irréprochable. Oui, nous en avons pour notre argent à Saint-Hyacinthe. Rien à redire de ce côté. Chapeau aux employés municipaux, du premier au dernier.

J’ai aussi pris connaissance de la note explicative qui accompagnait mon compte de taxes. Une note bien écrite, simple à comprendre. Avec des passages écrits en gras savamment placés et un paragraphe résumant les grands projets prévus en 2019. J’aurais apprécié une petite note ou deux sur l’état de la dette, cependant. Cela aurait été plus pertinent que d’apprendre que 257 cm de neige sont tombés sur Saint-Hyacinthe l’hiver dernier ou que la Ville travaille en partenariat avec 150 organismes.

D’autant plus qu’on me dit entre les branches que la direction générale aurait commencé à sensibiliser plus vigoureusement nos élus sur l’état de cette fameuse dette qui atteint 51,3 M$. Tant et si bien qu’une barrière psychologique à ne pas dépasser aurait été placée à 80 M$. On devrait s’y approcher l’an prochain, une fois le tunnel Casavant terminé. La dette était à ce sommet quand l’ex-maire Claude Bernier a été élu en 1992, avant de la faire disparaître en un peu moins de 20 ans.

Mais pour l’instant, il n’y a pas de panique à bord. On a trouvé le moyen d’équilibrer le budget 2019, malgré une augmentation de 3,7 M$ sur un an et sans imposer de grands sacrifices à la machine. Du moins en apparences. C’est pratiquement un exploit. Espérons qu’il reste encore des exploits et des miracles dans le sac de la direction générale de la Ville. Il faudra peut-être faire preuve d’encore plus d’ingéniosité pour boucler le budget 2020, surtout si les revenus, entre autres ceux tirés de la biométhanisation, ne sont pas au rendez-vous, contrairement aux dépenses.

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