8 février 2018
entre les lignes
L’envie de danser
Par: Le Courrier

Il n’y aura pas de bars avec spectacle et danse avec nudité dans l’environnement du centre de congrès municipal de Saint-Hyacinthe. Tant mieux, ce n’était vraiment pas nécessaire. La Ville a eu chaud, mais elle n’y a pas laissé sa chemise.

Rappelons qu’elle avait été prise de court par les démarches d’une promotrice qui souhaitait installer un tel commerce dans un immeuble commercial situé en bordure de l’autoroute 20. Constatant une possible faille dans ses règlements d’urbanisme, la Ville les avait promptement modifiés en novembre 2016, soit quelques jours seulement après les démarches effectuées par la principale intéressée auprès du Service de l’urbanisme et de la Régie des alcools, des courses et des jeux.
D’où le dépôt d’une poursuite judiciaire dans laquelle la dame réclamait un dédommagement de 25 000 $ et l’octroi de son permis. La Ville n’a jamais osé répondre à cette procédure en cour et a tout fait pour régler à l’amiable. Avec grand succès, car une entente a été scellée en décembre 2017. Une entente confidentielle qui lui est hautement favorable et que la direction générale a dû célébrer en dansant!
Selon nos informations, elle versera un dédommagement de 15 000 $, mais ne délivrera aucun permis. C’est au-delà des espérances dans la mesure où un adversaire plus coriace et fortuné aurait eu tout le loisir de faire valoir son point en justice. Et à la lumière des faits connus, disons que sa cause était loin d’être frivole.
Ce dénouement confidentiel et bon marché évite aussi à la Ville de répondre de ses actes. Après la saga de la Ville de Granby avec ses bars de danseuses il y a plusieurs années, beaucoup de municipalités avaient mis de l’ordre dans leurs règlements d’urbanisme afin de mieux encadrer ce type d’établissements qu’elles ne peuvent pas interdire. Elles peuvent seulement restreindre ceux qui ne possèdent pas de droit acquis à une zone précise.
De toute évidence, la Ville de Saint-Hyacinthe ne s’en était jamais préoccupée auparavant, elle qui doit encore composer avec la présence de trois commerces du genre sur son territoire. C’est déjà trois de trop.

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