12 octobre 2017
Blade Runner 2049
Les androïdes rêvent-ils d’humanité?
Par: Olivier Dénommée
Warner Bros.

Warner Bros.

Elle était attendue, cette suite du film culte de 1982 de Ridley Scott. Et celui qui a hérité de ce projet casse-cou est nul autre que le réalisateur québécois Denis Villeneuve, qui s’impose toujours plus sur la scène cinématographique mondiale. Cette nouvelle offrande n’effrite nullement sa feuille de route déjà imposante, puisque Blade Runner 2049 mérite bel et bien les critiques dithyrambiques qui fusent à son égard depuis sa sortie.

Alors 30 ans après les événements du premier long-métrage, une nouvelle version améliorée des « réplicants », ces androïdes identiques à l’espèce humaine et utilisés comme esclaves, sont sur terre et vivent dans un univers futuriste bien mal en point. L’agent K (Ryan Gosling), de la police de Los Angeles, est l’un des ces réplicants nouvelle génération et exerce la fonction de blade runner. Il est responsable d’éliminer les anciens modèles de réplicants, qui se sont rebellés dans le passé.
Après avoir fait une importante découverte, qui pourrait changer l’ordre du monde, K décide de mener son enquête. Mais il devient alors lui-même la cible des hautes instances, qui cherchent à l’éliminer. Pour s’en sortir, il devra retrouver Rick Deckard (Harrison Ford), un blade runner disparu depuis trois décennies.
Confronté à la pression d’égaler son prédécesseur, Denis Villeneuve s’en tire en livrant une œuvre léchée, au scénario profond et réfléchi, qui reste longuement en tête.
Le réalisateur d’Arrival et de Sicario, qui explore pour la deuxième fois la science-fiction, offre une mise en scène froide, lente et hypnotique qui nous plonge dans une cité des anges grandiose, mais aussi étouffante et vétuste, magnifiée par la photographie de Roger Deakins.
Surtout, l’œuvre magistrale tire sa force du scénario de Michael Green et Hampton Fancher (qui a cosigné celui du long-métrage original), qui poursuivent la réflexion sur la condition humaine et la définition de l’humanité amorcée dans le premier opus. Au-delà de l’aspect enquête policière et science-fiction, Blade Runner 2049 suscite un questionnement existentialiste qui transcende les genres cinématographiques.
Pour les néophytes, la mise en contexte du film de 1982 se fait d’ailleurs rapidement et clairement.
Du côté de l’interprétation, Ryan Gosling – complètement de marbre – se mesure à un Harrison Ford (dont l’apparition est attendue avec impatience dans ce long film de près de trois heures) sensible et très émouvant. Ils sont appuyés par un ensemble de personnages féminins forts, notamment Robin Wright dans la peau de la lieutenante Joshi, la patronne de K, et Sylvia Hoeks qui incarne la terrifiante Luv.
Difficile de prédire si Blade Runner 2049 deviendra lui aussi un film culte, mais il demeure l’un des longs-métrages les plus attendus et les plus réussis de l’année.

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