7 septembre 2017
Les brigadiers maskoutains sur leur 31?
Par: Rémi Léonard
Les brigadiers maskoutains sur leur 31?

Les brigadiers maskoutains sur leur 31?

Les nouvelles directives de la Ville de Saint-Hyacinthe concernant la tenue vestimentaire de ses employés indisposent les brigadiers scolaires. Sur la photo, cette brigadière a décidé de se conformer à la politique. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Les nouvelles directives de la Ville de Saint-Hyacinthe concernant la tenue vestimentaire de ses employés indisposent les brigadiers scolaires. Sur la photo, cette brigadière a décidé de se conformer à la politique. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Avec le début des classes, c’est le retour sur nos routes des autobus jaunes, des jeunes piétons et cyclistes et également des brigadiers scolaires, ces travailleurs à temps partiel qui assurent la sécurité des écoliers aux intersections.

Ils ont toutefois reçu des directives étonnantes pour commencer l’année. Plus question de porter des jeans ou des espadrilles lorsqu’ils font leur quart de travail d’une vingtaine de minutes sur le coin d’une rue. Leur employeur, la Ville de Saint-Hyacinthe, les a avisés qu’ils sont soumis comme tous les autres employés municipaux à la politique relative à la tenue vestimentaire, adoptée au printemps. Le document interdit aussi le port de shorts, bermudas, joggings et coton ouaté notamment.
Bref, la Ville veut des brigadiers en tenue « adéquate, propre, soignée et appropriée au travail qu’il[s] effectue[nt] ». La politique s’applique à tous les employés de la Ville, à l’exception du personnel étudiant du service des loisirs. Quant aux cols bleus et aux pompiers, ils ont déjà leurs vêtements de travail.
Les 26 brigadiers employés par la Ville de Saint-Hyacinthe ont reçu ces nouvelles règles avec mécontentement, puisque les jeans et les espadrilles étaient portés fréquemment par beaucoup d’entre eux. Une brigadière a d’ailleurs contacté LE COURRIER pour dénoncer ces nouvelles contraintes. « Nous sommes des employés à temps partiel non syndiqués. À 13,49 $ de l’heure, nous n’avons pas tous l’argent pour s’acheter des pantalons et des souliers propres », critique-t-elle. Sans vouloir se nommer par crainte de perdre son emploi, elle avance que l’ensemble de ses collègues a signé une pétition pour dénoncer les nouvelles règles, sans parvenir à faire bouger l’administration municipale. Le directeur des ressources humaines de la Ville, Sylvain Giard, a même rencontré les brigadiers avant la rentrée pour s’assurer du respect de la politique. « Aux yeux de plusieurs fonctionnaires, nous ne sommes pas grand-chose », déplore-t-elle.
Depuis, la brigadière indique qu’elle a continué à « s’habiller comme avant » et n’a pas reçu de réprimande jusqu’ici.
Le service des communications de la Ville n’a pas fourni d’explications autres que le contenu de la politique pour justifier les contraintes imposées à ses employés. Dans le cadre de leur travail, les employés municipaux doivent « refléter une image professionnelle », indique le document officiel, même si leur travail implique de faire traverser la rue aux écoliers avec un dossard sur le dos.

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