29 novembre 2018
Future école secondaire à Saint-Hyacinthe
L’idée du Séminaire fait son chemin
Par: Rémi Léonard
Après le Collège Antoine-Girouard, la CSSH pourrait maintenant mettre la main sur le Séminaire pour y donner une vocation scolaire. Insistons ici sur l’importance du conditionnel. Photothèque | Le Courrier ©

Après le Collège Antoine-Girouard, la CSSH pourrait maintenant mettre la main sur le Séminaire pour y donner une vocation scolaire. Insistons ici sur l’importance du conditionnel. Photothèque | Le Courrier ©

Alors que tout pointait vers la construction d’une nouvelle école secondaire sur le terrain voisin de l’École professionnelle, la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH) jongle maintenant avec une autre option : aménager cette école à même le bâtiment qui abrite le Séminaire.

Cette idée, qui ne semblait jusqu’alors qu’un vœu pieux, est maintenant examinée « sérieusement » par la commission scolaire, a indiqué en entrevue son président Richard Flibotte. Le projet a d’abord été évoqué par la Ville de Saint-Hyacinthe, qui, dans une correspondance émanant du bureau du maire Claude Corbeil, donnait son appui à la CSSH pour aller de l’avant avec la conversion du Séminaire (voir la lettre en page 11). « Le conseil y voit une bonne opportunité. Nous sommes préoccupés par la préservation du patrimoine », a commenté M. Corbeil. Il n’est toutefois pas question de « s’ingérer ou d’influencer » la décision de la commission scolaire, a ajouté le maire.

Pas automatique

Même si la CSSH affiche de l’ouverture envers une telle opération, elle doit encore être évaluée plus en détail avant que le conseil des commissaires ne tranche sur la question. Pour l’instant, les deux options sont donc toujours sur la table, à l’étape d’en étudier la faisabilité, a précisé M. Flibotte.

Une condition importante plane en effet sur le projet de conversion du Séminaire, qui devra être réalisé avec le budget octroyé par le ministère de l’Éducation pour la nouvelle école, soit 35,5 M$, a rappelé M. Flibotte. La contrainte est bien réelle considérant la part d’inconnu toujours bien présente dans tout projet de restauration d’un immeuble patrimonial.

La commission scolaire devra évidemment s’entendre avec les autorités du Séminaire et du diocèse sur les termes d’une éventuelle cession, un peu à l’image de ce qui s’est produit en 2014 avec la transition vers le réseau public du Collège Antoine-Girouard, à deux pas de là. Autant le maire que le président de la CSSH voient d’ailleurs cet épisode comme une prémisse au projet aujourd’hui envisagé.

Il faudra aussi voir comment les occupants, pour la plupart des prêtres retraités, envisagent leur avenir dans ce bâtiment ou ailleurs. L’ensemble immobilier comprend également une chapelle et abrite La Petite Académie et le Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, ce dernier devant éventuellement déménager dans le pôle culturel au centre-ville.

Changement de plan?

Rappelons qu’au moment de l’annonce de l’octroi des crédits gouvernementaux pour la future école secondaire maskoutaine, au mois d’août, seule l’option d’une nouvelle construction avait été évoquée. Même le maire Corbeil, dont la lettre a ramené ce projet sous les projecteurs, a reconnu que la Ville a « donné son opinion avant de se la faire demander » dans ce dossier.

Si l’ambitieux projet va de l’avant, il est donc assuré de l’appui politique des élus, à défaut d’un appui financier. Avec ses propres projets de restauration patrimoniale en cours (Marché public) et à venir (église Notre-Dame-du-Rosaire et monastère du Précieux-Sang), la municipalité en a déjà plein les bras, argue-t-elle dans sa lettre.

Pour M. Flibotte, l’option du Séminaire n’est pas nouvelle, mais a toujours été dans l’air au sein des instances scolaires. Les analyses réalisées ces derniers mois ont toutefois démontré que le projet se qualifie en tant qu’option « dont on ne peut faire l’économie », a-t-il indiqué.

Selon les espaces rendus disponibles, car on ignore encore si l’ensemble sera libéré en partie ou en totalité, le Séminaire pourrait potentiellement abriter plus d’élèves que le projet de nouvelle école, a souligné le président de la commission scolaire. Avec des effectifs scolaires qui s’annoncent en croissance, il pourrait s’agir là d’un avantage pour cette option. La préservation du patrimoine n’est certes pas la « mission première » de la CSSH, mais elle pourrait tout de même y contribuer si cette conversion permettait en même temps de « répondre aux besoins de clientèle », a-t-il commenté.

Le choix du conseil des commissaires et l’autorisation de Québec pourraient être connus quelque part au printemps, a situé avec prudence M. Flibotte. Par la suite, des consultations publiques sur la vocation de la nouvelle école et la réalisation des plans et devis devraient suivre.

image