8 novembre 2018
Zonage et urbanisme
L’opposition citoyenne
Par: Martin Bourassa

Au bout du jardin, la fin du monde. C’est la phrase qui m’est venue en tête en voyant la photographie illustrant la croisade de Mireille Côté et de Manon Ducharme pour freiner les envies de grandeur du Groupe Robin avec le complexe pour retraités Le Saphir.

On y voyait une spectaculaire grue surplombant les fondations de l’immeuble en construction de six étages, presque sept si on y ajoute une terrasse recouverte au sommet. Facile de comprendre le désarroi des résidents de l’impasse Terry-Fox.

Sachez que rien ni personne n’aurait pu empêcher ce chantier en 2018 puisque le changement de zonage qui a fait passer le nombre d’étages autorisé dans cette zone de 3 à 6 a eu lieu en décembre 2016. Plusieurs mois plus tard, la construction a donc débuté dans des proportions et sur un terrain parfaitement conformes.

C’est une publicité du Saphir, donnant l’impression qu’un septième étage était dans les cartons, qui a été la goutte de trop. Et comme cet ajout passait par une modification de zonage, mesdames Côté et Ducharme ont amorcé leur cabale. D’abord en se rendant à l’hôtel de ville pour l’assemblée publique de consultation, puis en convainquant une douzaine de personnes de forcer la tenue d’un registre. Finalement, 35 personnes l’ont signé, ce fameux registre, alors qu’il en aurait fallu 60 pour passer à l’étape du référendum ou de l’abandon du projet tel que présenté.

Voilà un score digne de mention si on considère que ces deux dames ont limité leur action à leur voisinage. À la lecture de l’avis public publié dans nos pages seulement cinq jours (?) avant l’ouverture du registre, et lors de leurs conversations avec la greffière de la Ville, elles n’avaient jamais réalisé que le territoire visé regroupait en fait deux zones, la leur et celle voisine où s’élèvent les résidences pour retraités de l’Eau Vive, qui sont aussi la propriété du Groupe Robin.

Même quand elles se sont étonnées du fait qu’on leur demande de recueillir 60 signatures dans une zone ne regroupant que 68 maisons, jamais on ne leur aurait précisé à la Ville qu’il y avait quelques centaines de signatures potentielles à recueillir dans la zone voisine.

C’est plutôt en discutant avec notre journaliste, la veille du registre, qu’elles ont réalisé le tout! L’histoire ne dit pas quelle aurait été la réaction des résidents de l’Eau Vive si elles avaient pu les sensibiliser au dossier. S’en serait-il trouvé une trentaine pour signer le registre? On ne le saura jamais. Dossier classé.

Du côté de la Ville de Saint-Hyacinthe, on a attribué cette confusion à un problème de communication, voire de compréhension. Le plus étonnant, c’est que le Ville de Saint-Hyacinthe a profité de l’occasion pour modifier le zonage à la grandeur de la ville, ce qui fait que, dorénavant, tout promoteur pourra ajouter une terrasse recouverte en partie sur le toit de son immeuble, sans possibilité d’opposition citoyenne.

C’est la greffière qui va être contente!

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