19 janvier 2012
Michel Chapoutier : la voix du terroir
Par: Hélène Dion
Michel Chapoutier dans son élément, la Vallée du Rhône.

Michel Chapoutier dans son élément, la Vallée du Rhône.

Michel Chapoutier est une star dans le monde du vin. Propriétaire récoltant et important négociant dans la Vallée du Rhône, c’est aussi et surtout un communicateur exceptionnel, investi totalement dans son métier.

Mardi, j’ai eu la chance de le rencontrer et de saisir tout le potentiel de ses vins qui m’ont même fait voyager dans le temps…

L’histoire de la famille Chapoutier s’écrit depuis 1808 dans la Vallée du Rhône. C’est au coeur de l’un des plus beaux vignobles du monde que Michel Chapoutier reprend les rênes de l’entreprise à l’âge de 26 ans. Il ajoute quelques chapitres à ce récit par l’acquisition de vignobles en Australie, au Portugal et dans son pays, dans le Languedoc-Roussillon, en Alsace notamment. Pour se situer, les vignobles de la Vallée du Rhône s’étendent de part et d’autre du fleuve qui prend sa source en Suisse et marque tout le vignoble de la Vallée. Cette grande région se divise en deux, soit les Côtes du Rhône septentrionales (de Vienne à Valence) avec un climat continental et les cépages Syrah, Viognier, Marsanne et Roussanne, et les Côtes du Rhône méridionales (de Montélimar à Avignon) avec un climat méditerranéen tempéré par le Mistral, un vent froid et desséchant, et une diversité de cépages dominés par le Grenache. Entre les deux, une soixantaine de kilomètres sans production de vins, mais d’excellents nougats! Sur le marché canadien, le Québec représente 59 % de la consommation des vins de la Vallée du Rhône.

Transformer un potentiel

Michel Chapoutier est un passionné de vin et défenseur de la notion d’origine et du respect du terroir.

Certifiée depuis 1999, la maison M. Chapoutier a d’ailleurs incorporé la culture biologique et biodynamique pour la majorité de ses vignes. « Le terroir est vivant et la culture bio stimule l’activité bactérienne du sol. Ce sont ces bactéries qui permettent à la vigne d’absorber toute la minéralité du sol. Cette substantifique minéralité! », a-t-il affirmé devant une assistance suspendue à ses lèvres.En mes mots, la minéralité dans un vin est cette colonne vertébrale à laquelle s’accroche tout le reste, tanins, moelleux, alcool, arômes, pour exprimer l’impalpable, la pureté. C’est d’ailleurs ce qui l’a poussé à s’investir en Alsace en créant la signature du domaine Schieferkopf, dont la production d’un Riesling impeccable! « Le Riesling a cette aptitude à porter la minéralité. Il faut que ce soit tendu comme un string! »Humour et originalité d’un passionné infatigable…Il a expliqué qu’au coeur de l’engouement des vins de « winemakers », dont la signature de l’oenologue prend le dessus sur le terroir, il continue pour sa part de laisser toute la place à l’appellation d’un vin. « À l’image de la signature d’un artiste sur son oeuvre, la signature d’un vin doit être d’une discrétion absolue. » Trois facteurs entrent en ligne de compte dans la définition du terroir : le sol, le climat et l’humain. Ce dernier octroie à l’expression du terroir son talent et la tradition. « Tout le potentiel pour faire de grands vins est à la vigne. L’humain ne fait que transformer ce potentiel », s’est-il exprimé, un verre d’Ermitage blanc à la main. Sur ces mots, nous avons mis le nez dans notre verre pour humer tout ce potentiel de la Marsanne issue de la parcelle Le Méal. Porté par un bouquet expressif au boisé discret, ce blanc perdure en bouche telle « une symphonie aromatique ». Après avoir goûté aux délices du Méal – Ermitage blanc 2008 (Code SAQ : 11176319 – Prix : 165 $), on nous a servi Le Méal – Ermitage rouge 2008 (Code SAQ : 10701791 – Prix : 175,75 $).

Millésime 2008

Dans le monde du vin, on ne jure que par le millésime 2009 : une année solaire, des raisins extraits (parfois à outrance), de la chair et des maturités accomplies. Mais qu’en est-il de 2008, une année dans l’ombre? « Chaque millésime s’exprime différemment et j’estime que lorsque nous revendiquons un millésime, nous nous devons de le laisser s’exprimer. Pour ma part, j’aime les millésimes frais où la minéralité n’est pas écrasée par le solaire. C’est le cas de 2008. »

C’est aussi ça…

Après le repas, je suis revenue sentir mon verre d’Ermitage blanc. Les arômes de miel m’ont alors renvoyée dans le temps, quand j’avais cinq ans, au coeur de la miellerie de mes parents. C’est aussi ça le potentiel d’un grand vin…ENCADRÉ

Des cuvées à la portée du budget

Pour découvrir des cuvées de M. Chapoutier à moins de 25 $ :

– La Ciboise – Lubéron 2010 – Code SAQ : 11374382 – Prix : 14,10 $- Les Vignes de Bila-Haut – Côtes-du-Roussillon 2009 – Code SAQ : 11314970 – Prix : 16,10 $- Belleruche – Côtes-du-Rhône – Code SAQ : 476846 – Prix : 17,70 $- Rasteau 2008 – Code SAQ : 11095893 – Prix : 21,40 $- Bientôt disponible : Bila-Haut Occultum Lapidem – Côtes-du-Roussillon Villages 2009 – Prix : 23,95 $

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