31 janvier 2019
Nissan Kicks, pour et par les jeunes
Par: Marc Bouchard

Photo Nissan Canada

Il arrive que Fiston prenne le volant des voitures que je mets à l’essai, avec la permission du constructeur comme il se doit. Il le fait quand le véhicule est d’abord conçu pour lui et sa génération, ce qui est le cas de la Nissan Kicks.

C’est donc l’essai de William Bouchard, 19 ans, que vous lisez en ce moment. Voyez donc ce que les jeunes pensent de ce petit multisegment au look unique.

Dans le temps des fêtes, j’ai eu le privilège d’échanger mon rutilant bolide habituel contre une Nissan Kicks 2019. Bien que notre périple ensemble ne dura que quelque temps, nous avons rapidement appris à nous connaître, dans de bonnes et moins bonnes conditions météorologiques.

J’ai été d’abord charmé par l’esthétisme et les fonctions de la voiture, principalement ses gadgets sécuritaires. Étant habitué à une voiture quelque peu technologiquement inférieure, j’ai été surpris d’être averti par une petite lumière qui s’allume lorsqu’une voiture se situe dans les angles morts ou lorsqu’un autre véhicule avance dans la direction de la voiture lorsqu’elle recule. (Ok, je sais que cela est de plus en plus fréquent, mais on parle quand même d’un VUS sous-compact.)

La caméra de recul, désormais de série sur tous les véhicules, était également très commode, principalement dans les stationnements. La voiture est même dotée d’un système de freinage automatique, bien que je n’aie (heureusement!) pas eu besoin de l’utiliser lors de mon essai.

Or, tous ces appareils n’ont pas suffi à me donner totalement confiance en la voiture et sont, il faut bien l’admettre, utiles seulement dans quelques situations bien spécifiques.

La transmission, parfois lente en réaction, n’était pas aidée par des pneus à l’adhérence douteuse, ce qui rendait les départs, principalement dans la glace et la neige, assez difficiles et les manœuvres rapides presque impossibles. Les roues motrices n’étant situées qu’à l’avant, la voiture a tendance à glisser de l’arrière, ce qui la démarque de la plupart des VUS de son genre qui ont les quatre roues motrices, du moins en option.

Le moteur m’a, par contre, un peu plus satisfait. Bien que loin d’une Formule 1, ce petit multisegment a un moteur quatre cylindres qui permet une accélération douce, mais efficace. Et sa consommation de carburant, bien que plus élevée que mon tacot traditionnel, se situe quand même dans la bonne moyenne, tournant autour du 7,5 l aux 100 km. Gare, cependant, à ceux qui veulent coller la pédale au plancher, car elle augmente rapidement.

Jeune et colorée

Bien que la performance soit adéquate dans son utilisation habituelle, j’aurais parfois préféré un peu plus de puissance, sur l’autoroute notamment. Le bruit que fait le moteur lorsqu’il est poussé plus loin que l’accélération standard montre clairement qu’il n’est pas d’accord avec la manœuvre, mais malgré tout, la voiture tient bien à la route.

Du point de vue esthétique, la Kicks a un aspect jeune et coloré, entre autres à cause de son inusité toit bicolore (la mienne était bleu et blanc). Le tableau de bord électronique était facile d’utilisation, les commandes se trouvant principalement sur le volant.

L’ordinateur de bord est assez étonnant venant d’une voiture aussi bon marché. L’écran tactile est réactif et le système, bien que simple, est accessible et abonde de fonctions et d’options diverses. L’intérieur, par contre, témoigne du caractère un peu moins dispendieux de la Kicks, l’abondance de plastiques durs donnant une finition moins précise. Le système de son Bose montre clairement le public cible : les milléniaux. Malgré mon grand désarroi, j’appartiens quand même à ce groupe cible et la tactique de Nissan a fonctionné : j’ai souvent fait de légers détours avant d’arriver chez moi pour finir la chanson.

Éclatée et marginale

Du point de vue extérieur, le design se veut un peu plus conventionnel que son prédécesseur spirituel, la Nissan Juke, mais reste un peu éclaté et marginal. Malgré son aspect un peu déjanté et son public cible plus jeune, sa conduite est assez tranquille et n’est pas aussi dynamique que ne le laisse présager la silhouette.

Mais côté pratique, la Kicks fait bien son travail. Le coffre est assez spacieux, mais s’il ne l’est pas assez, les bancs arrière se rabattent. Ce grand intérieur permet d’accommoder de façon confortable les passagers ou la marchandise, mais un peu plus difficilement les deux.

En somme, la compagnie Nissan relève le défi qu’elle s’était lancé : construire une voiture abordable pour un public jeune. Les défauts, bien que peu apparents aux utilisateurs de ma génération (peut-être est-ce là une généralisation, mais vous me la permettrez), apparaissent beaucoup plus facilement aux yeux d’un conducteur expérimenté (quoique mon père affirme bien l’aimer aussi).

Bien que moins visuellement frappante que son ancêtre la Juke, elle en garde cependant beaucoup des avantages tout en réglant certains inconvénients. Un bon premier VUS, en raison notamment de l’absence de rouage intégral, la Kicks est cependant plus adaptée à un conducteur du dimanche citadin qu’aux chevronnés de l’automobile amateurs de sensations fortes.

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