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Affaire Whissell Claude Chagnon défend son entreprise
Mettant fin à des semaines de controverse entourant l'attribution de contrats gouvernementaux à l'entreprise ABC Rive-Nord dans laquelle il détient 20 % des parts, David Whissell a démissionné de son poste de ministre du Travail du Québec la semaine dernière. Si l'affaire a fait beaucoup de bruit, peu de gens savent que l'entreprise en question présidée par l'homme d'affaires maskoutain Claude Chagnon. Malgré la tempête, Claude Chagnon, copropriétaire de ABC Rive-Nord, des Entreprises Claude Chagnon, de Pavage Maska et des Carrières Saint-Dominique, assure dormir tranquille. « Il y a une controverse au sein du gouvernement, rendue publique par les médias, mais au sein de mon entreprise même, il n'y a aucune controverse. Tous les contrats que nous avons obtenus du gouvernement, nous les avons obtenus conformément aux règles de soumission qui sont en vigueur.
L'an dernier, l'entreprise ABC Rive-Nord a pourtant obtenu du ministère des Transports, sans appel d'offres, deux mandats totalisant 800 000 $ et la valeur des contrats de l'entreprise avec le gouvernement est passée du simple au double dès l'entrée de M. Whissell au Conseil des ministres. Malgré tout, Claude Chagnon estime que le passage au pouvoir de son actionnaire n'a eu aucune influence sur la croissance de l'entreprise. « M. Whissell ne travaille pas pour nous. Il est un simple actionnaire. Il n'a pas le droit de regard et n'est impliqué dans aucune décision. ABC Rive-Nord connaît une croissance normale que vous pouvez comparer à celle qu'a eue Pavage Maska ou à toute autre compagnie qui grossit. » Par ailleurs, M. Chagnon est convaincu que son entreprise poursuivra sur sa lancée, même après ces dernières semaines à l'avant-plan d'une actualité mitigée. « Pour moi, il n'y avait rien d'anormal dans la situation. C'est pourquoi je n'ai aucune raison d'argumenter à ce sujet. C'est un débat politique qui n'a rien à voir avec nous. Si les ministres n'ont pas le droit d'avoir d'intérêts dans quelque compagnie que ce soit, c'est à M. Whissell de choisir de se défaire de ses parts ou de quitter son poste. Et il a semble-t-il choisi de conserver ses actions chez ABC Rive-Nord. » Le premier ministre Jean Charest avait modifié les règles d'éthiques auxquelles doivent se conformer les ministres pour permettre à M. Whissell, notamment, de conserver des actifs dans une entreprise susceptible d'obtenir des contrats du gouvernement en les plaçant dans une fiducie sans droit de regard. Dans la foulée de l'affaire Whissell, le premier ministre a toutefois fait volte-face et annoncé que les directives empêcheraient dorénavant un membre du gouvernement de détenir des intérêts dans une société privée qui profite de contrats du gouvernement.
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