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Élection du maire Payan, lundi 10 janvier 1910 (1) Saint-Hyacinthe, la campagne électorale qui a conduit à l'élection du maire Payan, en janvier 1910, avait fait couler beaucoup d'encre. En effet, les trois journaux locaux n'avaient pas peur d'afficher leur couleur. Comme une véritable lutte à finir, tous les coups étaient permis. D'un côté, le journal libéral L'Union qui prenait pour Paul-Frédéric Payan, de religion protestante, industriel, copropriétaire de la Tannerie Duclos & Payan.
Pour les opposants à l'élection de Paul F. Payan, on lui reprochait notamment que son fils Louis était conseiller municipal de Saint-Hyacinthe, qu'il était président de la compagnie qui fournissait de l'éclairage à la Ville, qu'il était trop âgé, qu'il n'était pas de religion catholique, qu'il s'était opposé en 1899 à ce que la Ville paye les travaux de restauration de la Croix du Jubilé avec les deniers publics, que son industrie était moins importante pour Saint-Hyacinthe que celle de son adversaire, et qu'il ne payait pas bien ses employés. Casavant était surtout accusé d'incompétence et même d'imposture, principalement dans le dossier de construction d'un réseau d'égout pour desservir notamment les Soeurs de La Présentation. En tant que conseiller municipal, on l'accusait d'avoir caché la vérité quant aux coûts de construction afin d'éviter une consultation publique. On lui reprochait également que contrairement à la Compagnie Duclos & Payan, qui payait des taxes municipales, la compagnie Casavant Frères, elle, s'étant installée en dehors des limites de la Ville, profitait de tous les services sans payer de taxes à Saint-Hyacinthe. Journal Le Courrier Samedi, 18 décembre 1909 : « Un nombre considérable de citoyens ont sollicité Samuel Casavant à se porter candidat à la mairie. Que M. Casavant soit élu, cela ne fait aucun doute, à ceux qui ont des yeux pour voir. [...] Paul F. Payan est encore sur les rangs comme candidat à la mairie. Nous revenons à la charge pour lui exposer des raisons additionnelles pour établir que sa candidature n'est pas convenable dans les circonstances actuelles. Il doit se retirer de la lutte. L'an dernier [son fils], Louis Payan, fut élu [conseiller]. Il est inconvenant que le père siège dans un conseil dont le fils fait déjà partie. En cas d'égalité des voix, M. Payan, père, aurait-il assez de grandeur d'âme, pour défaire le vote de son fils, et le fils avant de voter ne s'assurerait-il pas du sentiment de son père? Paul Payan est le président de la Cie des Pouvoirs Hydrauliques et y a des intérêts considérables. Le contrat d'éclairage municipal [avec cette compagnie] se termine dans deux ans. Avec le père et le fils dans le Conseil, les intérêts de la Ville ne seront pas en face de cette indépendance que l'équité la plus simple et la prudence la plus élémentaire commandent ». Vendredi, 24 décembre 1909 : « S'il nous faut choisir comme maire un homme qui puisse nous représenter aux congrès religieux qui doivent se réunir sous peu [Congrès eucharistique de Montréal, en 1910, Centenaire du Séminaire, en 1911], il nous faut aussi un homme d'affaires dont les relations sont étendues et qui puisse amener de nouvelles industries en notre ville. Le seul des deux candidats en présence qui réussisse ces deux conditions, c'est Samuel Casavant. Lequel des deux candidats en présence a l'industrie la plus importante pour Saint-Hyacinthe? Lequel est le plus progressif? Lequel a rendu plus de services et est appelé à en rendre davantage à la classe ouvrière? Pour tout homme qui raisonne un peu, la réponse, c'est Samuel Casavant. La fabrique d'orgue de Casavant Frères a été créée de toutes pièces par le talent, le génie industriel de MM. Claver et Samuel Casavant. Les frères Casavant ont fait d'une modeste petite manufacture, un établissement de tout premier ordre. Saint-Hyacinthe est cent fois plus connue par la manufacture Casavant Frères que par la Tannerie Duclos & Payan. La maison Casavant Frères paie les plus forts salaires de Saint-Hyacinthe. Chez MM. Duclos et Payan, si l'on retranche les salaires des associés et de leurs familles, et de trois ou quatre contremaîtres, les salaires restants feraient maigre figure à côté de ceux qui se paient chez Casavant Frères. Nous invitons les « voteurs » ouvriers à se renseigner, à comparer et à juger si un vote pour Samuel Casavant ne vaut pas sous le rapport de leurs intérêts, bien mieux qu'un vote pour M. Payan ».
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