Le jeudi 02 septembre 2010

« Je suis un éternel débutant »

vlemonde@lecourrier.qc.ca

Dans notre salle de rédaction, une certaine fébrilité règnait en ce vendredi matin pourtant tranquille. Qu'on le connaisse peu ou qu'on soit un admirateur de la première heure, ce n'est quand même pas tous les jours qu'un chanteur de la trempe de Dick Rivers débarque au COURRIER!

- Dick Rivers
Sa première visite au Québec, c'était en 1965, à Drummondville. Depuis, les Québécois ont vite adopté ce grand de la variété française qui s'est bâti un rôle de crooner rock'n roll.

la veille de célébrer 50 ans de carrière, Dick Rivers fait un arrêt à Saint-Hyacinthe le samedi 28 novembre, à 20 h, au Centre des arts Juliette-Lassonde.

Dick Rivers reprendra à Saint-Hyacinthe ses plus grands succès comme Viens me faire oublier, Jéricho et Tu n'es plus là.Photo Robert Gosselin, Le Courrier ©
Rencontre avec une légende qui ne se prend pas la tête pour autant.

Dick Rivers a débuté très tôt. 15 ans, il enregistrait son premier disque. « En quelques semaines, je suis passé du vélo à la Cadillac, de l'enfance à la vie d'adulte », lance celui qui est originaire de Nice, dans le sud de la France. Marqué par la chanson Heartbreak Hotel interprétée par Elvis Presley et par le film Loving You, où ce dernier joue le rôle d'un chanteur nommé Deke Rivers, le jeune Hervé Forneri prend alors le nom de Dick Rivers, ce qu'il ne regretta jamais. « l'époque, on ne pouvait pas s'imaginer chanter ce genre de chanson en portant un nom francophone. Le rock'n roll accompagnait aussi un phénomène social très fort dans lequel nous étions embarqués malgré nous. Il n'y avait rien de préparé là-dedans, tout cela nous semblait très normal. Après plusieurs années, là, j'ai commencé vraiment à apprendre mon métier. Mais au début, je suivais le courant, l'époque », de déclarer celui qui fit aimer le rock aux Français avec les Johnny Hallyday et Eddy Mitchell.

Quelques décennies plus tard, c'est maintenant une génération plus jeune qui le découvre par l'entremise de leurs parents baby-boomers. « J'avoue que ça, c'est mon plaisir, de voir des plus jeunes venir assister à mes spectacles. Je me remets toujours en question et j'avance. Je pense que ça me permet de rester cet éternel débutant, car j'ai toujours ce même désir d'être aimé qu'à mes débuts. »
Son amour du Québec
Depuis 1965, son amour pour le Québec ne s'est jamais démenti.

« Ici, j'arrive chez moi », de confier Dick Rivers, un grand ami de Jamil, par exemple. Il a aussi connu les Michèle Richard, Donald Lautrec et Les Baronets de l'époque yé-yé. Il aime même à dire qu'il laisse en France son petit côté français lorsqu'il arrive ici, prêt à affronter les tumultes de l'hiver vêtu de son Kanuk!

« J'ai eu un coup de coeur pour ce pays quand j'ai vu combien les gens m'appréciaient. J'en suis très fier. D'ailleurs, 80 % de mon tour de chant québécois est différent de ce que j'offre en spectacle aux Français. Les Québécois aiment plus les balades par exemple. Il y a un Dick Rivers en Europe et un autre Dick Rivers en Amérique. Mais de toute manière, je ne donne jamais vraiment le même show deux fois de suite. »
Une belle rencontre
Avec son dernier album, L'homme sans âge (2008), Dick Rivers a confié à l'auteur-compositeur Français Joseph d'Anvers (il a collaboré à Bleu Pétrole d'Alain Bashung), l'écriture des 12 titres qu'il renferme.

En fait, il s'agit d'une véritable rencontre entre la jeunesse et l'expérience. Une rencontre qui était déjà entamée avec son album éponyme sorti en 2006, alors que cet opus fut composé par des pointures de la nouvelle scène française comme Mickey 3D, Axel Bauer, Francis Cabrel, Benjamin Biolay ou Miro.

« La nouvelle génération me respecte énormément en France et chacun, à sa manière, réinvente mon univers. Cette fois-ci, avec Joseph d'Anvers, c'est vraiment l'album qui me ressemble le plus et j'en suis vraiment fier. Au début, en 2007, il m'a présenté trois chansons, puis, au bout de six ou sept autres pièces, je lui ai dit : bien, fait tout l'album, tu es bien parti! » Loin des classiques Viens me faire oublier, Jéricho ou Tu n'es plus là, Dick Rivers chante un univers très intime de sa voix chaude et toujours très juste, une redécouverte complète de l'artiste.

« J'ai toujours chanté très naturellement et je le fais par plaisir, sinon, j'arrêterais tout cela tout de suite. Je le fais aussi parce que j'adore faire de la scène, c'est ce que j'aime le plus. Cependant, faire un autre album, je ne sais pas encore. Faire encore de la scène, ça oui », de terminer la légende de la chanson française. Ce chanteur qui a su traverser les époques présentera aux Maskoutains un spectacle alliant tous ses grands succès, de même qu'une sélection des meilleures pièces de son plus récent album, L'homme sans âge.

Dick Rivers est de ceux qui ont introduit le rock'n roll en France dans les années 60, en compagnie des Johnny Hallyday et Eddy Mitchell. Photo Robert Gosselin, Le Courrier ©


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