Le vendredi 12 mars 2010

Prendre en grippe

mbourassa@lecourrier.qc.ca

Il s'est dit et s'est écrit beaucoup de choses sur la grippe A (H1N1) et sur la campagne de vaccination. Beaucoup trop.

Je commence à faire de l'écoeurantite aiguë face au bombardement en règle auquel nous sommes exposés. La situation est-elle si chaotique qu'elle en a l'air vue du téléviseur de son salon? Y'a rien de mieux qu'une visite sur le terrain pour avoir l'heure juste. cet effet, je peux témoigner que Saint-Hyacinthe a bien fait les choses, que le CSSS local a su bien ajuster sa stratégie après un départ laborieux.

Le système de coupons mis en place pour gérer les files d'attente semble efficace. Peut-être pas parfait, mais efficace si je me fie à mon expérience personnelle.

Je me suis présenté sur place un mercredi midi pour demander deux coupons afin de faire vacciner mes enfants asthmatiques. J'ai même eu la chance de choisir l'heure de mon rendez-vous pour la même journée, en soirée. En tout et partout, notre visite au centre de vaccination aura duré 30 minutes, formulaire, vidéo et vaccins compris.

Pas même le temps d'écouter le dernier album de Claude Dubois. Bref, une bénédiction. Mais la grande révélation médicale associée à cette crise de la H1N1 est à mon avis la création des cliniques de grippe, accessibles sans rendez-vous. Cette initiative devait servir à désengorger les cliniques et les urgences des cas de grippe.

Ayant de vilains symptômes et surtout n'ayant pas de médecin de famille, j'ai encore une fois prêté mon corps à la science. Encore là avec succès. Il se sera écoulé à peine une heure entre mon arrivée et ma sortie de la clinique, prescription en poche et bronchite surinfectée dans le corps. Dans cet intervalle, j'ai eu le bonheur de rencontrer une infirmière à la retraite dévouée, venue en renfort. Outre son professionnalisme et son écoute, je retiens son incompréhension face à tous les formulaires qu'on lui demande de remplir et qui alourdissent sa tâche. Mais qui en revanche rendent sa retraite encore plus douce. J'ai aussi eu la chance de rencontrer un vrai docteur. Un bon docteur. Le genre qui a vu d'autres crises et des bien pires. Le genre de docteur qui affirme sans gêne ne pas avoir mis les pieds à l'hôpital depuis 15 ans, mais qui se prête à cet exercice imposé de bon coeur. Le genre de docteur content de parler à un journaliste. Content de pouvoir dire à qui de droit que les bulletins de nouvelles télévisés font peur au monde pour rien et accentuent la perception que tout va mal partout en cherchant continuellement les ratés du système et les passe-droits de certains.

Ce bon docteur estime que le Québec n'a pas à rougir de sa gestion de la grippe, que grosso modo la campagne va bon train et se compare avantageusement avec ce qui se passe ailleurs au pays et dans le monde. Dans le monde je sais pas docteur, mais à Saint-Hyacinthe ce n'est pas la fin du monde. Notre bonheur serait même parfait si les autorités avaient prévu trois ou quatre sites de vaccination au lieu de deux, dont un à Acton Vale, et des cliniques volantes dans les écoles. Mais le ministère de la Santé a préféré pelleter une partie de ses problèmes dans la cour des écoles.

Maux de tête en perspective.


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11 mars 2010

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