Le vendredi 12 mars 2010

Usine d'épuration nouvelle génération

jdumont@lecourrier.qc.ca

Le 18 janvier sera une date importante à l'usine d'épuration. ce moment, on commencera à remplir de boues les trois digesteurs qui ont été construits en septembre.

Pour la Ville de Saint-Hyacinthe, cette date marquera un tournant majeur sur le plan environnemental. Après la période de rodage d'une trentaine de jours, les systèmes de digesteur et d'assèchage seront complètement opérationnels.

compter de ce moment, les boues ne seront plus acheminées vers le site de compostage de Saint-Rosaire, dans la région de Victoriaville.

Tout le processus de transformation des boues se fera sur place.

Une visite à l'intérieur d'un digesteur.Photo Patrick Roger, Le Courrier (c)


Pierre Mathieu, surintendant à l'usine d'épuration et Robert Perry, technicien de procédé, ont accepté de nous faire faire le tour du proprio quelques semaines avant la mise en place du nouveau service.
Deux remorques par jour
Fini le transport pour les quelque 13 600 tonnes métriques générées chaque année. « Concrètement, nous envoyons deux remorques de 25 tonnes de boues chacune par jour actuellement. l'avenir, lorsque le système sera rôdé, on passera à deux remorques par semaine, tout au plus », souligne Pierre Mathieu.

La Ville réduira sensiblement le volume de ses boues domestiques.

La valorisation des boues servira d'une part aux producteurs agricoles de la région qui les épandront sur leurs terres. Les employés du service de l'horticulture seront également mis à contribution puisque l'engrais généré par l'assèchement de 92 % du liquide des boues se retrouvera dans les plates-bandes, les plantations d'arbres sur le territoire et dans les parcs municipaux.
En régie interne
« C'est véritablement la hausse du coût d'enfouissement qui nous a permis d'en arriver là. Lorsque j'ai été engagé au printemps 2008, on m'avait clairement fait sentir que je devais trouver une façon de réduire les coûts de l'usine. Nous sommes arrivés à cette solution quelques mois plus tard. Aujourd'hui, nous sommes à l'avant-veille de sa concrétisation », dit Pierre Mathieu.

La Ville a créé à l'interne un « consortium » formé d'une dizaine de fonctionnaires. Cela a permis de trouver cette solution avant-gardiste à la suite de nombreuses recherches et visites sur le terrain.

« Nous sommes fiers de cette réussite. Nous avons réussi à trouver l'équipement et à réaliser le tout entièrement en régie interne. Il s'agit peut-être d'un investissement de près de neuf millions de dollars, mais il a permis à la municipalité d'économiser beaucoup d'argent considérant qu'il n'y a pas eu de firmes externes associées à ce projet », avouent Pierre Mathieu et son collègue Robert Perry.
Les habitudes environnementales
M. Mathieu mentionne que les Européens sont beaucoup plus sensibles que les Nord-Américains pour toute la question environnementale.

« Ici, en Amérique, notre premier réflexe est de réduire le volume de boues domestiques, tandis que les Européens cherchent davantage à produire de l'énergie », dit-il.

« Lorsque le coût d'enfouissement est de 480 $ la tonne dans une ville comme Lyon comparativement à 100 $ chez nous, ça te force à trouver des solutions. C'est la même chose pour la consommation d'eau. En Europe, il se consomme deux à trois fois moins d'eau par personne », ajoute-t-il.
Seuil critique
Avec ses 52 000 habitants, la Ville dépasse à peine le seuil critique pour avoir cet équipement et produire suffisamment d'énergie.

En raison de la présence d'industries agroalimentaires lourdes qui génèrent beaucoup de résidus industriels, elle est considérée comme étant une municipalité avec une usine d'épuration desservant 90 000 habitants.

C'est véritablement la hausse du coût d'enfouissement qui nous a permis d'en arriver là, témoigne Pierre Mathieu, surintenadant à l'usine d'épuration. Photo Patrick Roger, Le Courrier ©


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