|
Lacasse en lock-out La face cachée du conflit
Le lock-out décrété le 3 janvier dernier par la direction du Groupe Lacasse de Saint-Pie à son usine de la rue Saint-Pierre ne serait que la pointe de l'iceberg de ce conflit collectif, a appris LE COURRIER. Dans les profondeurs de la partie cachée se joue une féroce bataille syndicale menée par le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ) représentant les 268 employés de l'usine Lacasse mis en lock-out envers les travailleurs de la division Phoenix, le second centre de production du Groupe Lacasse situé sur la rue Sainte-Cécile. Les 160 employés de bureau du Groupe Lacasse et les 74 employés de l'usine Phoenix ne sont pas touchés par ce lock-out.
Actuellement, le point d'achoppement des négociations syndicales en vue du renouvellement de la convention collective des employés de l'usine Lacasse concerne la sous-traitance effectuée par la division Phoenix selon le SCEP-FTQ. Ce syndicat veut abolir le statut de sous-traitant de l'usine Phoenix, responsable selon lui, des vagues de mises à pied effectuées ces derniers mois par l'employeur. « On demande une seule unité d'accréditation pour les deux usines Lacasse et Phoenix. On est prêt à accepter une échelle de progression dans la fusion des deux centres de production », avait indiqué dans notre précédente édition, Jean-Rod Morin, représentant national du SCEP-FTQ. Vive réaction chez Phoenix Jean-Louis Larroza, président du syndicat de la division Phoenix, ne comprend pas la raison du SCEP-FTQ d'évoquer la sous-traitance comme point de discorde du conflit de travail. « Nous ne sommes pas et nous ne serons jamais un sous-traitant du Groupe Lacasse. Sur mon bulletin de paye, il est mentionné le nom du Groupe Lacasse et non celui de la division Phoenix. Je pense que tant que le concept de sous-traitance sera au coeur de ce conflit de travail, les négociations ne se règleront pas », estime M. Larroza. La division Phoenix résulte de la fusion fin 2007 des activités des usines Stylebois et Synergic, situées à Saint-Pie et propriétés du Groupe Lacasse. Lors de cette intégration, les employés de la division Phoenix étaient représentés par un syndicat local indépendant. La convention collective des employés de l'usine Phoenix est échue depuis décembre et les négociations avec la partie patronale devraient débuter au cours des prochaines semaines. Nouvelle affiliation syndicale En novembre dernier, les employés de la division Phoenix ont décidé de renouer avec leur ancien syndicat en s'affiliant à la Centrale des syndicats démocratiques (CSD). Apprenant cette décision, une semaine après que l'affiliation soit officialisée, le SCEP-FTQ aurait déposé une requête devant la Commission des relations du travail pour demander une accréditation syndicale commune à l'usine Lacasse et à la division Phoenix. La date d'audience pour entendre les parties syndicales et patronale a été fixée au 2 février. « Une convention collective commune aurait pour conséquence de rendre la liste d'ancienneté des travailleurs de l'usine Lacasse prioritaire sur la nôtre. Nous serions alors les premiers visés par des mises à pied lors de compression de personnel. C'est un point majeur et inacceptable », estime M. Larroza qui cumule 13 années d'ancienneté. Sur ce point, le président du syndicat mentionne que sur l'une des pancartes brandie sur les lignes de piquetage on pouvait lire ceci : « Phoenix : ancienneté égale zéro ». « Entre les délégués syndicaux de l'usine Lacasse et les employés de la division Phoenix, c'est comme le feu et l'eau. Le syndicat SCEP-FTQ souhaite nous intégrer aux employés de l'usine Lacasse pour nous éliminer en bout de ligne. Cette histoire de sous-traitance est en réalité un piège syndical », considère M. Larroza. La différence majeure entre les deux centres de production du Groupe Lacasse à Saint-Pie se situe sur le plan salarial où les employés de Phoenix touchent trois dollars de moins de l'heure que leurs collègues de l'usine Lacasse dont le taux horaire est fixé à 18,58 $.
|
||||||||||||||||||||||||