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Hôpital Honoré-Mercier L'urgence engorgée de civières
Ces dernières semaines, l'urgence de l'Hôpital Honoré-Mercier déborde à un tel niveau que les civières s'entassent dans le corridor. Consciente du problème, la direction du CSSS Richelieu-Yamaska espère rapidement corriger le tir. La Maskoutaine Anick Larivière a vécu la semaine dernière la pénible expérience de l'urgence en raison d'un malaise de sa mère, âgée de 64 ans. « La salle d'attente était bondée et des personnes attendaient debout au triage. Malgré une urgence surpeuplée, le personnel est demeuré très professionnel », raconte Mme Larivière. Transportée mercredi dernier en ambulance à l'Hôpital Honoré-Mercier, la mère de Mme Larivière est restée pendant trois jours sur une civière dans le corridor en attente d'être hospitalisée.
Le relevé quotidien de la situation dans les urgences indique que la journée où Anick Larivière et sa mère s'y sont présentées, l'urgence affichait un taux d'occupation des civières de 181 %. Plus précisément, 47 patients se trouvaient sur civière, neuf personnes séjournaient à l'urgence depuis plus de 48 h et 29 patients étaient en attente d'hospitalisation. Heureusement ces derniers jours, ces indicateurs alarmistes ont diminué et se sont stabilisés. Sous la loupe Consciente que l'urgence est une épine dans le pied du CSSS Richelieu-Yamaska, sa direction est à revoir lensemble des mesures qui sont appliquées pour tenter de réduire les périodes dengorgement. Lors de la récente réunion du conseil d'administration, le directeur général du centre de santé, Daniel Castonguay, a fait état de cette situation inquiétante à l'ensemble des administrateurs. « Notre durée moyenne de séjour est de 23 heures sur civière et 12 % de notre clientèle attend plus de 48 heures. Actuellement, nous avons une salle d'urgence qui ne correspond plus aux nouvelles normes et le personnel doit travailler dans un environnement qui n'est pas celui souhaité », a mentionné M. Castonguay en entrevue au COURRIER. Depuis quelques semaines, le CSSS Richelieu-Yamaska effectue un suivi très rigoureux de ce service de première ligne en collaboration avec l'Agence de la santé et des services sociaux et le ministère de la Santé. Selon M. Castonguay, la raison de l'achalandage élevé est multifactorielle. Selon lui, une des pistes de solution est l'intégration des services. « Il faut un accompagnement clinique de la personne âgée à travers le réseau afin qu'elle reçoive les meilleurs soins possible au bon endroit », estime le directeur général qui dit avoir en mains un plan d'action qui sera dévoilé sous peu. Pénurie de médecins L'arrivée de personnes en ambulance conjugée à une pénurie médicale rallongent souvent de plusieurs heures le délai d'attente à l'urgence. « Ce qui est prévu, c'est qu'il y ait deux médecins de jour et de soir et un de nuit, sept jours sur sept. Il arrive malheureusement parfois que le manque de disponibilité médicale nous permet d'avoir un seul médecin », explique Claude Dallaire, directeur des communications au CSSS Richelieu-Yamaska. « Certains quarts de travail nécessiteraient trois médecins au lieu d'un seul », complète M. Castonguay. Rappelons que début 2009, la direction du CSSS Richelieu-Yamaska avait déposé à l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie le projet d'une nouvelle urgence dont les coûts étaient estimés à 25 M$. En décembre dernier, Daniel Castonguay mentionnait au COURRIER n'avoir aucune idée de la date à laquelle le Ministère acceptera le projet. Il se donne un délai de cinq ans pour régler le problème de l'urgence. Urgentologue de formation, le ministre de la Santé Yves Bolbuc devrait venir prochainement visiter l'Hôpital Honoré-Mercier dans le cadre d'une tournée des établissements de santé du Québec. LE COURRIER espère y être invité.
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