Quand ça déraille grave | Le Courrier
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Quand ça déraille grave
15 mai 2014

Quand ça déraille grave

Mardi après midi. Le procès MMA démarre en grand! Et publiquement. Arrivée des accusés en fourgon de la SQ, menottes aux poings, sous escorte de l’escouade tactique qui les avaient cueillis chez eux, l’arme au poing. Notre police s’assure que le S dans SQ, ce soit pas pour « subtil ».

L’impression de voir un vieux western d’après-midi à Ciné-Quizz avec Steve McQueen quand un shérif ramasse ce qui lui tombe sous la main pour donner en pâture à une foule en colère qui pourra se faire ensuite un bon lynchage en règle. Ou un bûcher. Et pourquoi pas les lions dans le cirque. Allez hop, on arrête le chauffeur du train, un cadre, pis un contrôleur et on les fait comparaître sous 47 chefs d’accusation de négligence criminelle ayant causé la mort. Bang! Ça va impressionner le monde. Ça va fesser. Bon, en réalité, il s’agit plus d’un chef d’accusation de négligence criminelle ayant causé la mort de 47 personnes, mais mise en scène oblige, on fait ici dans le grand Guignol grinçant. Le dossier est clos. La sentence sera exemplaire. Le peuple satisfait. Mais mardi le peuple n’était pas dupe. On a pu l’entendre crier : « C’est pas eux autres qu’on veut ». Elle savait qu’on lui présentait seulement des boucs émissaires. Qu’il y avait derrière ce triste spectacle, la volonté de ne pas chercher les véritables responsables de cette tragédie. Comme les propriétaires tourneux-de-coins-ronds au grand bénéfice de leurs actionnaires. Ou les politiciens accros-à-la-dérèglementation au grand bénéfice de leurs contributeurs : les propriétaires tourneux-de-coins-ronds. Ce cercle vicieux de personnes morales dont le pouvoir est inversement proportionnel au niveau de responsabilité a pour résultat que c’est le chauffeur de train de Farnham qui sera jugé pendant que le boss de Chicago sera bien assis sur son cul.

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