Quel début de campagne. En l'espace d'une petite semaine seulement, le comté de Saint-Hyacinthe a vu défiler le premier ministre Jean Charest, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, et la cheffe du Parti québécois Pauline Marois. De la belle grosse et rare visite.
Le premier a visité les installations de l'entreprise Jefo, le second a fait un court passage à l'Hôtel des Seigneurs avec son cousin candidat et la troisième a pris un bain de foule à l'Exposition agricole et au Festival du maïs de Saint-Damase.Ces visites n'avaient rien de simples visites de courtoisie. Elles étaient plus stratégiques qu'autre chose. Les trois principaux partis pensent avoir des chances de prendre la circonscription remportée de justesse par Émilien Pelletier en 2008. Avec une majorité de 213 voix, il s'agissait alors de la plus courte victoire péquiste au Québec. Normal dans ces conditions de voir Saint-Hyacinthe comme un comté prenable où rien n'est encore joué.Les trois chefs reviendront-ils chez nous d'ici au 4 septembre, sachant que c'est à la fin de la soirée que l'on reconnaît les bons danseurs? Tout dépendra de l'allure de la campagne. Mais j'ai comme l'impression que Saint-Hyacinthe restera un comté hautement imprévisible jusqu'à la toute fin. Tant mieux pour nous.Et quel bilan faut-il faire de cette première semaine complète de campagne?Sur la scène nationale, François Legault et la CAQ ont certainement volé le show, encouragé par les candidatures du docteur Barrette et de Jacques Duchesneau.De grosses pointures qui ont justement la capacité de se mettre le pied dans la bouche et on l'a vu assez rapidement avec M. Duchesneau. Sauf que parlez-en en bien ou parlez-en en mal, la CAQ a réussi à monopoliser l'attention médiatique.La question est de savoir si la CAQ pourra maintenir le rythme. Je n'en suis pas convaincu compte tenu de sa facilité à glisser sur ses propres pelures de banane.La semaine des libéraux n'a pas été si mal dans les circonstances. On a essayé de placer quelques promesses çà et là. En revanche, Pauline Marois traîne de la patte un peu. Elle n'arrive pas à imposer son agenda. Elle a passé la majeure partie de la dernière semaine à réagir, ou à ne pas réagir, aux sorties de ses rivaux.Localement, on semble d'ailleurs se laisser porter par la campagne nationale.Ici, le fait saillant de cette première semaine a certes été l'arrivée de trois nouveaux candidats, ce qui porte à au moins huit la liste des aspirants.Les trois nouveaux venus sont issus de tiers partis, pour ne pas dire moins quand on pense au Parti vert, à l'Union citoyenne du Québec et au parti Équipe autonomiste. Dans le cas du Parti vert, il faut tout de même souligner que son candidat à la dernière élection a mieux fait (975 voix) à Saint-Hyacinthe que le candidat de Québec solidaire (956 voix). Rendu à huit candidats, on peut cependant dire que la cour est pleine.En tout cas, les Maskoutains auront l'embarras du choix.Et ce n'est pas nécessairement à l'avantage du député sortant. Il faudra attendre de savoir à qui la CAQ fera le plus mal chez les deux vieux partis.