Opinion
Le doyen des journaux français d'Amérique
Saint-Hyacinthe
AccueilimageOpinionimageÉditorialimage
Les néophytes veulent savoir
8 mai 2014

Les néophytes veulent savoir

Les déboires financiers de la Brasserie Licorne ont été étalés au grand jour la semaine dernière dans LE COURRIER. Il était question d'une retentissante faillite de la part du brasseur des boissons Boris. Autour de 9 M$.

C'est une faillite éclair puisqu'elle survient un peu plus de deux ans seulement après l'inauguration de ses installations maskoutaines en septembre 2011, au terme d'un investissement de 4,2 millions de dollars (M$). La brasserie avait bénéficié d'une aide financière remboursable de 675 475 $ du gouvernement du Québec, d'une garantie de prêt de 1 M$ d'Investissement Québec et de 200 000 $ de la part du CLD Les Maskoutains, mandataire des fonds FLI-FLS. Le CLD versera même un second montant de 200 000 $ à peine un an plus tard pour financer un second investissement de 2,4 M$ qui ne verra jamais le jour, sauf dans les pubs du CLD.Tous ces prêteurs de bonne foi figurent aujourd'hui parmi les créanciers.Lundi soir au conseil municipal, le conseiller Alain Leclerc, administrateur au CLD, s'est levé afin de rassurer « les néophytes » qui pourraient s'inquiéter à la lecture d'une nouvelle faisant état de la présence du CLD parmi les créanciers. Il a mentionné que le CLD n'avait pas perdu un sou dans l'aventure puisqu'il n'est que l'intermédiaire entre les fonds de capital de risques sous sa gouverne et les entreprises qu'il finance.En pratique, a-t-il suggéré, cette perte financière n'affectera en rien la santé financière du CLD et n'obligera pas les municipalités membres à hausser leur contribution afin de compenser ces pertes qui font partie du jeu en matière de capital de risques.Le CLD a donc le beau rôle. Il réunit du monde autour d'un comité qui étudie les projets, puis recommande les octrois et quand le projet foire, il n'est que théoriquement responsable. Ces pertes viennent pourtant s'inscrire à l'encre rouge dans les états financiers du CLD à titre de mauvaises créances. Elles ne sont pas fictives.Espérons seulement que les sages gens d'affaires maskoutains qui analysent les projets soumis au FLI-FLS le font avec autant de rigueur que s'il s'agissait de leur propre argent. Ces gens, qui ne souhaitent pas tous être identifiés d'ailleurs (!), ont-ils tous les éléments en main pour bien faire leur travail? Si c'est le cas, pourrait-on expliquer aux néophytes sur quelles bases on a recommandé et accepté le versement d'une seconde aide de 200 000 $ à la Brassrie Licorne en 2012?Mieux encore, le conseiller Leclerc pourrait-il expliquer aux néophytes les circonstances de l'octroi d'un prêt de 100 000 $ au centre de développement pharmaceutique de Saint-Hyacinthe, une société apparentée au CLD, qui aura comme seul et unique locataire une entreprise dirigée par le président actuel du FLI-FLS?Tant qu'à y être, le conseiller Leclerc pourrait-il expliquer aux néophytes pourquoi le rapport annuel 2013 du CLD porte la mention « confidentiel » sur la couverture et pourquoi la directrice générale du CLD refuse les demandes d'entrevue du COURRIER? Pourquoi c'est lui et non Nathalie Laberge qui va à la batte publiquement? Son prédécesseur et conjoint avait bien des défauts, mais il ne s'est jamais défilé devant les médias, même au plus fort de la crise qui a ébranlé le CLD.À mettre dans la colonne des moins dans la liste des raisons pour ne pas prolonger le mandat de Mme Laberge à la tête du CLD et de la Cité de la biotechnologie.

image