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Mauvaise idée
29 janvier 2015

Mauvaise idée

Le maire de Saint-Hyacinthe a annoncé la semaine dernière son intention de créer deux tables de consultations formées de gens d’affaires. On croit comprendre qu’elles serviront à l’alimenter dans ses réflexions.

Il donne ainsi suite à l’une des idées manifestées par l’entrepreneur Robert Robin dans une entrevue Sous les projecteurs donnée au COURRIER en octobre dernier. Pas certain que ce soit l’idée du siècle cependant.

Pour plusieurs raisons, ces deux comités pourraient embarrasser plus qu’autre chose M. Corbeil. Si j’étais un conseiller municipal ÉLU, je me poserais de sérieuses questions sur mon importance, mon rôle et ma place à l’égard de ces comités de sages triés sur le volet. Qui aura le plus d’influence sur les projets de la Ville dorénavant?

Qui et sur quelle base seront ensuite sélectionnés les membres de ces deux comités, à savoir le comité de sages formé de gens d’affaires aguerris et le comité de la relève, formé de jeunes promoteurs du milieu? On devine qu’on se bousculera pour pouvoir siéger à ces instances, en souhaitant un accès privilégié sur les décisions de la Ville.

La nature humaine étant ce qu’elle est, ces gens d’affaires voudront sans aucun doute profiter de cette tribune pour mousser ou protéger leurs propres intérêts.

Disons que le maire se place volontairement dans une situation risquée.

Et ce n’est pas la première fois dans son cas. Déjà en portant sur ses épaules la campagne Image de marque et en sollicitant commanditaires et partenaires pour amasser un pécule de 1,2 M$, il s’est placé en situation périlleuse à l’égard des donateurs qui pourraient dorénavant avoir certaines attentes envers lui et la Ville.

Dois-je rappeler que la proximité n’est pas toujours bien vue entre gens d’affaires et élus? Si le maire sent réellement le besoin de se rapprocher de la communauté d’affaires, il pourrait profiter des canaux habituels sans pour autant former deux clubs sélects. Des sages et des jeunes leaders, il y en a déjà un paquet sur les conseils d’administration de la Chambre de commerce, de la Corporation de développement commercial, du Bureau de tourisme et de la SDC. Et c’est (trop) souvent le même monde. Libre à lui de s’inviter n’importe quand aux réunions de ces instances.

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