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La santé des arbres et la nôtre : cauchemar et solution
6 mars 2014

La santé des arbres et la nôtre : cauchemar et solution

Vous le savez sans doute, nos ormes majestueux sont en voie de disparition. En effet, la maladie hollandaise de l'orme les atteint de façon mortelle.

Tellement qu'on en observe de moins en moins dans nos campagnes et nos villes. Pourtant, au boisé des Douze, nous pouvons encore les observer.Mais il faut faire vite, car l'ormaie est maintenant atteinte et les dégâts sont grands. Dommage, mais on pouvait s'y attendre et on gère en conséquence.Et voilà qu'on nous annonce l'arrivée prochaine de l'agrile du frêne.Un autre insecte tueur d'arbres qui avance vers notre région.Quelle désolation! Là encore, il faudra s'adapter : abattre, puis planter d'autres espèces qui prendront des dizaines d'années à devenir matures. Ce n'est pas nous qui allons en profiter, mais nous allons le faire : les villes s'organisent, les horticulteurs et autres spécialistes aussi. Pourtant, il y a tout aussi décourageant : l'ignorance citoyenne!Pour preuve, cette dame qui suggère comme solution au manque de stationnement de recouvrir d'asphalte « la grande étendue verdoyante devant l'hôpital ». Cette intervention et l'absence d'arbres sur certaines rues sont symptomatiques du manque d'information d'une partie de la population sur l'importance des arbres pour la santé humaine. Les services écologiques qu'ils nous rendent sont encore insuffisamment connus, et lorsque c'est le cas, la nécessité de les protéger ou d'en planter n'est pas assez intégrée pour modifier nos comportements. Répétons-le, la présence d'arbres a une incidence positive sur le bien-être physique et psychologique des humains. Elle est indispensable pour combattre les îlots de chaleur qui sont justement néfastes pour les personnes malades. Une étude américaine récente a démontré une relation entre la perte du couvert arborescent et la santé dans les régions touchées par l'agrile du frêne. En effet, on a constaté que la perte de nombreux arbres en milieu urbain entraîne une augmentation de la mortalité associée aux maladies des voies respiratoires inférieures et cardiovasculaires. Il semble aussi que les malades se rétablissent mieux dans les hôpitaux entourés de verdure. C'est sans doute ce que l'on recherchait autrefois dans les sanatoriums. Non, la verdure n'est pas de la foutaise, ni secondaire, ni du maquillage. Alors, répandons la nouvelle, et pour notre bien-être, encourageons la conservation des arbres sains et les plantations.

Céline Lussier Cadieux, présidente de l'organisme Boisé des Douze

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