16 février 2012
Porsche Cayman R
Pas faite pour l’hiver
Par: Marc Bouchard

S’il y avait eu des juges, j’aurais probablement obtenu la note parfaite ou à tout le moins de très bons points. Le problème, c’est que je ne faisais pas de patinage artistique, mais bien de la conduite automobile.

Aveu simple : la Porsche Cayman R, même si elle se débrouille, n’est définitivement pas faite pour nos hivers québécois.

Ce n’est pas que j’ai abusé, ni que j’ai fait exprès, mais la puissante voiture à propulsion nécessite un doigté tout à fait particulier pour être maîtrisée dans les conditions hivernales. Une expérience agréable, mais qui n’est peut-être pas faite pour tout le monde.

Du style

La Porsche Cayman est, probablement, celle qui me plaît le plus de toute la gamme du constructeur allemand. Version coupé de la Porsche Boxster, elle offre une silhouette racée, un nez plongeant et les phares traditionnels de la marque.

Il est vrai que ma version d’essai, la R (une version plus puissante encore) proposait aussi quelques ajouts non négligeables. L’aileron permanent apposé sur la partie arrière (au contraire des autres modèles dont l’aileron bouge selon la vitesse), les jupes latérales aérodynamiques et le double échappement lui donnent une allure plus extrême.Admettons cependant que la couleur vert péridot métallisé de série (intermède culturel : le péridot est une pierre précieuse d’un vert tirant sur l’olive) venait évidemment doubler l’attrait que la voiture exerçait sur les passants qui me regardaient avec curiosité.Quant à l’habitacle, il est celui d’une Porsche, version dénudée. Car la Cayman R, rappelons-le, a d’abord comme mission d’être performante. Pour y arriver, on a donc procédé à l’allègement maximal des structures. Ainsi, même le système audio avec GPS est optionnel, tout comme bon nombre d’équipements aussi peu importants que… des poignées de porte!Sachez en effet que les poignées ont été remplacées par des lanières, similaires aux ceintures de sécurité, qui actionnent le mécanisme d’ouverture des portières, elles-mêmes allégées parce que fabriquées en aluminium. Quant aux sièges, confortables malgré tout, ils n’ont qu’un seul réglage, de l’avant vers l’arrière. Oubliez l’inclinaison du dossier ou le support lombaire : vous prenez place, le siège vous enveloppe littéralement (et malgré ma taille de guêpe, je ne m’y sentais pas coincé) et là s’arrête le réglage.Quant au moteur, rien de vraiment nouveau : le 6 cylindres à plat traditionnel de la Cayman rugit avec vigueur et développe la bagatelle de 330 chevaux lorsque utilisé avec le bouton Sport plus, qui a aussi la fâcheuse tendance à désactiver tous les systèmes électroniques de stabilité et de contrôle de traction.Une version parfaite évidemment sur une piste, mais plus délicate à manier sur nos routes, surtout en hiver.

Déblaiement en tout genre

J’ai agi avec prudence et douceur. Tout au long de ma semaine d’essai au volant de la Cayman R, j’accélérais avec douceur, je prenais mes virages d’une main de velours, et j’évitais les freinages trop brusques.

Même en accélération rapide, les pneus froids et très larges avaient une propension au patinage, ce qui rendait particulièrement attrayants les systèmes électroniques de contrôle.Mais (car il y a toujours un mais), j’ai pu trouver un petit circuit fermé, et un tantinet glacé, pour tester un peu plus les capacités de la voiture. Outre le fait que la garde au sol trop basse me faisait agir un peu comme une charrue (j’ai aussi dû faire du slalom sur nos routes pour éviter les amoncellements de glace trop hauts), je dois avouer que la Cayman s’est comportée de manière civilisée.Elle s’inscrit en virage avec grâce, se contrôle du bout des doigts, et même ses dérapages se contrôlent avec une aisance remarquable. Évidemment, tout cela fait de façon sécuritaire et à des vitesses raisonnables.

En résumé

Porsche propose des versions à 4 roues motrices dont la qualité n’est plus à mettre en doute, même en hiver. Mais je l’avoue, l’expérience d’une telle voiture sans le rouage intégral est tout aussi stimulante. Pas à la portée de tous les conducteurs, ni à la portée de toutes les bourses, mais agréables… au moins quelques jours par an.

Forces :

– Moteur puissant- Look d’enfer- Direction précise

Faiblesses :

– Suspensions sèches- Coût d’achat- Visibilité perfectible

Fiche technique :

Moteur : H6 3.4L DACT 24 soupapesPuissance (ch@tr/min) : 330 @ 7400Couple (lb.pi@tr/min) : 273 @ 4750Roues motrices : ArrièreTransmission : Manuelle à 6 rapportsTransmission optionnelle : Automatique à 7 rapportsPrix : 77 000 $

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