26 janvier 2012
Petite histoire de la raquette maskoutaine (3)
Par: Le Courrier
Vers la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, les dames étaient de ferventes raquetteuses. Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH085

Vers la fin du XIXe siècle, les dames étaient de ferventes raquetteuses. Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH085

La semaine dernière, nous avons vu que les premières courses de raquettes ont eu lieu en février 1884 à Saint-Hyacinthe. Quelques semaines plus tard, les membres du club maskoutain se rendent à des courses organisées par le club Trappeur de Montréal. L’événement a lieu le 13 mars et réunit des raquetteurs provenant également de Québec, Ottawa, Trois-Rivières et Montréal.

La semaine dernière, nous avons vu que les premières courses de raquettes ont eu lieu en février 1884 à Saint-Hyacinthe. Quelques semaines plus tard, les membres du club maskoutain se rendent à des courses organisées par le club Trappeur de Montréal. L’événement a lieu le 13 mars et réunit des raquetteurs provenant également de Québec, Ottawa, Trois-Rivières et Montréal.

La journée même des courses, Le Courrier publie une nouvelle indiquant qu’un nouveau club de raquetteurs vient de se former à Saint-Hyacinthe. Une semaine après cette annonce, pas moins de quarante nouveaux membres s’inscrivent et payent leur cotisation au Club de raquetteurs des Ouvriers de Saint-Hyacinthe. Faut-il s’étonner de l’émergence de ce nouveau club? Alors que l’industrialisation est en plein essor à Saint-Hyacinthe, le nombre d’ouvriers passe de 479 en 1861 à plus de 1 300 en 1891. On peut comprendre que les ouvriers manifestent le désir de se regrouper au sein de leur propre organisation. D’ailleurs, les dirigeants ont promis que le club « veut être sans rival à Saint-Hyacinthe, tant sous le rapport du nombre de ses membres que la richesse et le bon goût de son costume ».Un an plus tard, en février 1885, les deux clubs maskoutains accueillent conjointement les raquetteurs des clubs Le Trappeur et Canadien. La cinquantaine de raquetteurs montréalais est accompagnée de plusieurs dames. À leur descente du train, les Maskoutains les accueillent avec des « hourras ». La scène est illuminée par un brillant feu d’artifice. Le lendemain, une procession de 125 voitures défile dans les rues de la ville. Après les courses en après-midi, 125 convives participent à un banquet donné à l’Hôtel-Dieu. Comme il est d’usage à l’époque, on lève nos verres à la santé des autorités fédérale et provinciale, de la Ville de Saint-Hyacinthe, des clubs invités, des juges de course, de La Presse et des Dames présentes. Honoré Mercier a la délicatesse de proposer la santé aux bonnes religieuses qui reçoivent tout ce beau monde. Ce côté festif demeurera toujours présent chez les vaillants raquetteurs. Au cours de cette excursion, des membres du club Le Trappeur de Montréal convainquent les officiers du Club de raquetteurs des Ouvriers de Saint-Hyacinthe de s’associer à eux. Bien que le club local porte désormais le nom de « Le Trappeur de Saint-Hyacinthe », la bonne entente existe toujours entre les deux formations maskoutaines. En 1886, les deux clubs conjuguent leurs efforts pour organiser un grand rassemblement à venir en février. Comme cette réunion de raquetteurs est plus importante que celles survenues les deux années précédentes, on demande l’aide financière de la Ville de Saint-Hyacinthe. O. Desmarais, le président du Club de raquetteurs de Saint-Hyacinthe affirme que la Ville a un devoir d’hospitalité, mais précise que « c’est aussi une question d’intérêt. Ces clubs sont composés d’hommes dans les affaires et bien placés et presque toujours des conséquences avantageuses résultent de ces visites et relations. » Un comité est formé pour examiner la demande. On précise que la somme de cinquante dollars est requise pour payer la réception et il est convenu que le maire de la Ville fera une adresse de bienvenue. C’est ainsi que dans la nuit du 5 février au 6 février 1886, plus de 200 membres du club Le Trappeur de Montréal sont accueillis en grandes pompes à Saint-Hyacinthe. Le lendemain matin les raquetteurs assistent à la « grand’messe » à la Cathédrale. Chants et musique résonnent dans l’église épiscopale au cours de la célébration. L’Harmonie de Montréal qui accompagne les raquetteurs invités exécute l’offertoire. L’abbé Larocque remercie les raquetteurs pour leur esprit religieux, car le résultat de la quête sera remis aux pauvres de la ville. Après la messe et la procession, les raquetteurs sont reçus à l’Hôtel de Ville où le maire George-Casimir Dessaulles souhaite la bienvenue aux invités. Après les discours, tout le monde se rend au parc pour les courses. Par la suite, une procession au flambeau se déroule en début de soirée. Les corps de musique ouvrent la marche de leur club respectif. La soirée se poursuit avec un concert donné par les amis montréalais à la salle de l’Hôtel de Ville. Devant une salle bondée, on interprète une dizaine de pièces dont « Les vertus de l’amour », « Le Chasseur », « La Fille du tambour majeur » ainsi que « Jean qui rit et Jean qui pleure ». À minuit, les visiteurs quittent Saint-Hyacinthe à bord d’un train qui les ramène à Montréal. Ils n’oublieront pas de sitôt leur séjour à Saint-Hyacinthe. À suivre…

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