16 février 2012
Pris en otage, vraiment?
Par: Le Courrier

J’ai deux enfants qui fréquentent des milieux familiaux et je ne suis pas touché par la grève qui a eu lieu vendredi dernier. Cependant, ce conflit de travail m’interpelle comme citoyen. Et je ne me serais nullement senti pris en otage si ma situation avait été différente. Il faut rappeler que dans un processus de négociation, il y a une gradation des moyens de pression et que la grève survient en tout dernier recours lorsque l’employeur se traîne les pieds ou négocie de mauvaise foi. La grève est toujours très pénalisante pour les grévistes.

J’ai deux enfants qui fréquentent des milieux familiaux et je ne suis pas touché par la grève qui a eu lieu vendredi dernier. Cependant, ce conflit de travail m’interpelle comme citoyen. Et je ne me serais nullement senti pris en otage si ma situation avait été différente. Il faut rappeler que dans un processus de négociation, il y a une gradation des moyens de pression et que la grève survient en tout dernier recours lorsque l’employeur se traîne les pieds ou négocie de mauvaise foi. La grève est toujours très pénalisante pour les grévistes.

La grève n’est pas le premier moyen de pression que les éducatrices et éducateurs mettent en oeuvre à ma connaissance. De plus, on ne peut pas dire que la population a été placée devant un fait accompli puisque les moyens de pression ont été annoncés préalablement afin de permettre aux parents de trouver une solution alternative. Les moyens de pression plus légers sont ignorés par les médias, ne dérangent pas trop les usagers des services et sont trop souvent inefficaces pour accélérer la conclusion d’une entente. Les syndiqués doivent donc parfois opter pour la grève, ce qu’ils font toujours à contrecoeur, pour faire entendre leur voix et débloquer les impasses. Les patrons ont une responsabilité quand la négociation piétine. En période de grève, le conflit est presque toujours imputé aux travailleuses et travailleurs. On parle moins des raisons pour lesquelles ils en sont rendus à prendre la douloureuse décision d’amputer eux-mêmes leur chèque de paie. Pourquoi le fardeau des perturbations de service repose-t-il toujours sur les épaules des syndiqués? Les patrons ont une responsabilité quand la négociation piétine. Il faut être deux pour danser non? La population devrait se rallier derrière les éducatrices. Ces femmes font un travail parmi les plus importants qui soit, s’occuper de nos enfants : en prendre soin, assurer leur sécurité, les socialiser et les éduquer. Elles nous permettent de nous rendre au travail l’esprit tranquille pendant que nos enfants reçoivent une éducation de qualité dans un milieu propice à leur épanouissement. Elles sont bien plus que de simples gardiennes d’enfants. Ne méritent-elles pas des conditions de travail convenables? Ce n’est pas en culpabilisant les éducatrices et éducateurs de nos enfants, comme tentent de le faire certains médias à sensation, que nous allons contribuer à dénouer l’impasse des négociations et améliorer le climat de travail dans les CPE. Certes, une grève est toujours dérangeante pour les usagers des services, mais après deux longues années à attendre le renouvellement de leur contrat de travail, ne sont-elles pas légitimées de manifester bruyamment leur impatience? Pour que ces femmes qui, tous les jours, font preuve d’une infinie patience avec nos enfants en soient rendues là, il y a une bonne raison.

Jean-Simon Carrier Saint-Hyacinthe-30-

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