26 janvier 2012
Quand la nature se déchaîne
Par: Le Courrier

Depuis samedi, le Maskoutain d’origine, Dominique Gaucher, présente, simultanément à Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, et Plein sud, Centre d’exposition en art actuel à Longueuil, l’exposition en deux volets intitulée Hybris et Némésis jusqu’au 5 mars.

Comprenant le plus grand tableau jamais exposé à Expression, l’exposition présente les deux faces d’une attitude qui oscille de la démesure à la réprimande de cette dernière. Hybris représentant l’ambition aveugle et l’insolence de l’homme face à la nature, et Némésis, représentant la fragilité et l’impuissance de ce dernier devant la puissance des éléments.

Alliant l’atmosphère onirique au traitement hyperréaliste, les oeuvres de Gaucher tirent leur origine, pour reprendre les mots de l’artiste, de flaques de couleurs qui s’étendent et se mêlent lentement par une dynamique des fluides difficile à contrôler, et qui deviennent de vastes territoires accidentés.Délaissant ses habitudes de tout vouloir contrôler et planifier, Dominique Gaucher a opté, cette fois, pour une démarche artistique issue de l’imprévu et la perte de contrôle. Une démarche qui, a priori, s’est présentée telle un accident.« Tous les tableaux de cette exposition sont des accidents. J’ai eu envie de les travailler davantage selon ce qu’ils m’inspiraient. Ils se sont ensuite présentés à moi comme des catastrophes naturelles, des territoires accidentés. Pour la grande toile, par exemple, je me suis inspiré du Tsunamie. » Sans se percevoir comme un artiste engagé, Gaucher propose une réflexion sur les conséquences de nos gestes sur l’environnement et nous rappelle l’humilité de l’homme face à un environnement austère.« L’être humain a l’arrogance de penser qu’il domine la nature et qu’il peut faire ce qu’il veut avec. Mais la nature est puissante et les conséquences de nos gestes peuvent revenir contre lui. »C’est d’ailleurs dans les grands tableaux présentés à Expression que l’humilité exigée par Némésis prend tout son sens. Créant un véritable impact visuel, ils inspirent la crainte et la reconnaissance des forces surdimensionnées. Tandis que c’est dans les oeuvres plus petites, à Plein sud, que s’exprime la démesure de la déesse Hybris. Question de pousser le raisonnement un peu plus loin, l’artiste a aussi conçu une installation qui compte plus de 42 000 allumettes, représentant ainsi une forêt fragile et susceptible de brûler au moindre geste posé par l’homme.« J’aurais pu tout simplement peindre une forêt, mais l’impact n’aurait pas été le même. En plus, le fait de prendre le temps de planter chacune des allumettes donne l’impression d’avoir planté tous ces arbres et cela porte à réfléchir quand tu te dis que tout cela peut être détruit d’un seul geste. »L’exposition Hybris et Némésis présentée à Expression compte six tableaux, trois estampes et une installation, tandis que celle présentée à Plein sud contient quatre tableaux, une installation et plusieurs estampes.

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