3 novembre 2011
Gabriel Chartier veut tout vendre
Qui voudra de l’aéroport?
Par: Le Courrier
Gabriel Chartier est bien décidé à se défaire de l'aéroport de Saint-Hyacinthe, malgré l'activité qui y règne.

Gabriel Chartier est bien décidé à se défaire de l'aéroport de Saint-Hyacinthe, malgré l'activité qui y règne.

Gabriel Chartier s’est présenté devant le conseil municipal de Saint-Hyacinthe en octobre pour annoncer son intention de vendre l’aéroport qu’il exploite en bordure de la route 116. Ce faisant, il s’adressait directement à un acheteur potentiel qui ne s’est jamais intéressé à son aéroport comme il l’aurait souhaité.

« Un aéroport, c’est un outil de développement. Combien de compagnies ai-je amené à Saint-Hyacinthe à cause de l’aéroport pensez-vous? Ça vient de partout au Québec pour se poser ici! », soutient Gabriel Chartier. Il ne s’en est jamais caché : c’est la Ville de Saint-Hyacinthe qui, à son avis, devrait mettre la main sur l’aéroport, mais pas à n’importe quel prix.

Prenant la relève de son père, il est devenu propriétaire de l’aéroport le 11 novembre 1992. À l’époque raconte-t-il, les installations se résumaient à bien peu de chose. « En 1992, il y avait une piste en gazon de 2 000 pieds avec un avion dehors et un avion à l’intérieur. Aujourd’hui, nous avons une piste asphaltée de 3 900 pieds, un lac pour les hydravions et il y a plus de 175 appareils à l’aéroport », énumère Gabriel Chartier.Mais pour en arriver à ce résultat, il avoue avoir travaillé très fort, et sans bénéficier des grosses subventions dont ont profité les aéroports régionaux entourant celui de Saint-Hyacinthe. La Ville lui a bien consenti une première subvention annuelle de 19 000 $, puis trois autres de 25 000 $ à la condition qu’elles servent à payer divers travaux, mais dit-il, c’est bien peu en comparaison à ce que les autres aéroports ont obtenu des gouvernements ces dernières années. « Saint-Jean, Bromont, Drummondville, Victoriaville, nommez-les tous; ils se sont partagé plus de 20 millions $ en subventions. Cet été encore, l’aéroport de Sherbrooke a reçu 4 millions $. Mon problème, c’est que je suis une entreprise privée. Je ne suis pas éligible aux subventions. »Dans sa situation, il n’existe pas 36 solutions. Il faudrait que « Aéroport de Saint-Hyacinthe » puisse céder ses actifs à un organisme public ou parapublic, comme une ville ou à une régie régionale. Gabriel Chartier a bien cru que ça allait se produire en 2003. Après la MRC, c’est la Ville de Saint-Hyacinthe qui s’est montrée intéressée à acquérir l’aéroport. Mais elle ne lui a offert que 50 000 $ alors qu’il croûlait sous les dettes. Selon ses dires, il devait 273 000 $ à des institutions bancaires, en plus des 250 000 $ qu’il avait engloutis personnellement dans l’entreprise.Il affirme que la Ville aurait pu lui offrir mieux grâce à la subvention de 4,3 millions $ qu’elle a obtenue en mars 2003 pour la Cité de la biotechnologie. Toujours selon M. Chartier, l’ancien député de Saint-Hyacinthe, Léandre Dion, y avait fait inscrire un montant de 250 000 $ qui devait être investi dans l’aéroport. Une autre tranche de 250 000 $ devait venir du Fédéral, par le truchement du député Yvan Loubier. « Mais parce qu’ils ne se sont pas entendus avec moi, ils ont finalment dépensé cet argent en asphalte dans le boulevard Choquette, entre Nelson et Casavant », soutient-il. À l’aéroport, il existe un autre petit problème, technique celui-là, qu’il n’a pas réussi à solutionner : la piste ne fait que 45 pieds de largeur. « À cause ça, les jets ne rentrent pas iciparce que les assurances bloquent. Partout ailleurs, les pistes ont 75 pieds de large », signale-t-il. Mais ce dossier-là, il compte bien le refiler à d’autres, en même temps que l’aéroport. « Je ne vis pas, j’existe. Ça fait 19 ans que je fais ça et maintenant, je veux refiler le flambeau à d’autres. Si la Ville est intéressée, qu’elle embarque », lance Gabriel Chartier. À la date anniversaire du 11 novembre 2011, il espère de tout coeur que la boucle sera bouclée.

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