Frédéric Holdener, un Suisse de passage au Québec pour quelques mois avec son fils Makaï en 2008, avait invité Simon à joindre les rangs de son équipe d'entraîneurs à Champéry, ayant apprécié ses méthodes d'enseignement du hockey aux jeunes.
« Après quelques réticences au départ, j'avais fini, après discussions avec ma conjointe, par accepter l'offre d'aller enseigner au camp de Frédéric, d'une durée de deux semaines. J'étais intimidé au départ. La vision du hockey en Europe est bien différente d'ici. Je me trouvais sur la patinoire avec un groupe d'entraîneurs russes et suisses et très peu de points de repère sur leur conception du hockey. Mais après une période d'adaptation, il s'est installé une belle synergie entre nous. On a réussi à créer une belle équipe de travail ces dernières années », confie celui qui entame sa 22e année d'enseignement au CAG.Le camp de perfectionnement, qui accueille tant les hockeyeurs de calibre élite que récréatif, petits et grands, a lieu sur un site à 1 200 m d'altitude, dans un environnement à couper le souffle. Le complexe sportif, qui comprend hôtel, salle d'entraînement, patinoire et vestiaire de dimension olympique, et même une surface de curling, est complètement vitré et offre une vue imprenable sur les Alpes. Une sensation qu'on ne retrouve nulle part ailleurs, estime l'instructeur de 47 ans.« Quelques jeunes du CAG ont participé au camp ces dernières années, notamment les fils de Jean Bédard, Alexandre et Antoine. Ils se sont d'ailleurs fait plusieurs amis. De mon côté, j'y ai amené la famille. En dehors des heures de glace, ce ne sont pas les attractions qui manquent non plus. Tout est si proche en Europe. On a même pris quelques jours pour visiter Milan, en Italie. »
Des échanges intéressants
Les instructeurs de différentes nationalités présents au camp ont tôt fait de constater l'aspect plus « pédagogique » de l'enseignement de leurs camarades québécois.
« Ils travaillent énormément sur les habiletés individuelles, comme l'équilibre et la solidité sur patins. L'aspect apprentissage, ils focusent un peu moins là-dessus. En échangeant, on a constaté que chacun pouvait apprendre des méthodes de l'autre », précise-t-il, ajoutant que les journées d'entraînement, très intenses, comprennent généralement une séance de power skating en matinée, un atelier sur les habiletés individuelles et collectives en après-midi, et un match en soirée.« Les Suisses et les Russes sont tellement forts techniquement. Tu ne peux pas faire autrement que de les observer, prendre des notes, et essayer d'adapter leurs manières de travailler à ton retour au Québec », ajoute quant à lui Benoit Lamothe-Michaud, qui s'est joint au personnel d'instructeurs du camp l'été dernier.Mais il n'y a pas que les techniques d'enseignement qui diffèrent d'un pays à l'autre. Simon admet qu'à sa première visite, les termes utilisés pour désigner certains objets l'ont jeté dans le néant.« La première fois que tu entends le coach suisse dire : « Les gars, nous allons réchauffer le gardien en lançant sur la plaque et dans la poche », tu te demandes d'où ça sort, jusqu'à ce qu'on t'explique que c'est leur manière de dire le bloqueur et la mitaine! », lance-t-il à la blague.Les parents de jeunes hockeyeurs qui désirent en savoir plus sur l'expérience du camp de perfectionnement estival peuvent se rendre au www.platformhockeyschool.com ou contacter Simon Desautels au Collège Antoine-Girouard.La semaine prochaine, LE COURRIER publiera le deuxième volet du reportage sur le hockey en Suisse, avec cette fois le point de vue des jeunes ayant connu l'expérience.