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Lettre ouverte de solidarité à nos confrères catalans

28 septembre 2017

Lettre ouverte de solidarité à nos confrères catalans

Qui n’a pas encore entendu parler du référendum du 1er octobre sur l’indépendance de la Catalogne? Manifestement, même Trudeau fils a pris une seconde entre une consultation sur la marijuana et un égoportrait pour nous inviter à être « prudent ». Philippe Couillard, grand P.D.G. de notre colonie-comptoir, est allé encore plus loin en se disant « fortement préoccupé » par la situation, après avoir ri un bon coup des séparatistes avec son confrère de la CAQ. Scandalisés des réactions de la classe politique canadienne et québécoise, nous écrivons ce texte afin de dénoncer l’indignité de nos dirigeants et d’affirmer notre soutien complet au mouvement indépendantiste catalan du président Carles Puigdemont.

Au-delà de la question nationale de la brave Catalogne, il y a le contexte démocratique qui, de toute évidence, dépérit à vue d’œil chaque jour à travers les arrestations de quatorze hauts responsables du gouvernement catalan, de la perquisition de millions de bulletins de vote, de l’amende de 12 000 euros par jour infligés à 24 honnêtes militants pacifiques, et du maintien de l’illégalité du référendum. La moindre des choses aurait été une condamnation ferme de nos dirigeants des dérives autoritaires espagnoles : ils ont malheureusement échoué le test. Heureusement, le triumvirat souverainiste du Québec s’est tenu debout, et ce, dans l’honneur, en rappelant à l’Assemblée nationale et à la Chambre des communes qu’il s’agit tout d’abord d’une question du droit des peuples à l’autodétermination. Loin de là l’idée de faire l’éloge mielleux de nos partis respectifs, nous croyons que leur réaction était la bonne et nous les félicitons.

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La Catalogne, foyer de la magnifique Barcelone, avec ses 7,5 millions d’habitants et son exception culturelle, a toujours été un bastion de la démocratie espagnole. Un brin d’histoire : en 1930, des nationalistes catalans s’unissent avec des politiciens, des intellectuels et des socialistes du reste de l’Espagne pour signer le pacte de Saint-Sébastien, qui représente la genèse de la deuxième république espagnole, qui a fait du pays entier un État démocratique. En 1931, une heure avant la proclamation de la république espagnole, il existait déjà une république démocratique catalane. En 1939, lorsque la guerre civile espagnole est gagnée par les fascistes de Francisco Franco, Barcelone était un des derniers bastions démocratiques à tenir bon face à la tyrannie. La région a souffert de son attachement à la liberté, notamment lors de l’effroyable destruction de la ville de Guernica, représentée sur la célèbre toile de Picasso, et durant le siège de Barcelone.

De nos jours, cette longue tradition démocratique se trouve menacée de nouveau par les élans autoritaires de Madrid. En effet, les récentes décisions du gouvernement central ne sont ni plus ni moins qu’inspirés de l’autoritarisme. Rappelons qu’avant d’être partisans ou indépendantistes, nous sommes des démocrates et qu’il est pertinent pour nous de dénoncer toutes les atteintes au droit démocratique, quelles qu’elles soient! Nous dénonçons de surcroît l’indifférence complète et unanime des pays membres de l’Union européenne, qui ont encore une fois échangé leurs grands principes pour leur stratégie affairiste.

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Enfin, outre notre dénonciation des actions dictatoriales de l’État espagnol, nous tenons à rappeler que nous sommes un groupe fièrement souverainiste qui soutient tous les peuples dans leurs combats pour l’accès à l’indépendance, qu’ils soient Basques, Corses, Écossais, Kurdes, Québécois, Siciliens ou Tibétains. Dans cette perspective, nous soutenons le camp du « Sí » Catalan, dont la victoire représenterait un moment historique glorieux dont nous avons gravement besoin en ce moment, vu la situation mondiale actuelle. Sur ce, vive le Québec libre et visca la Catalunya lliure!  

 

Philippe Lorange, conseiller jeunesse au Bloc Québécois de Saint-Hyacinthe

Orian Dorais, membre jeune de Québec Solidaire

Simon Drapeau, conseiller jeune à l’exécutif du Parti Québécois 

de Saint-Hyacinthe

Gabriel Landry, militant indépendantiste

Tous résidants de Saint-Hyacinthe

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