12 octobre 2017
District La Providence
Sylvie Norris, prise deux
Par: Benoît Lapierre
Sylvie Norris, candidate dans le district La Providence.   Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Sylvie Norris, candidate dans le district La Providence. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

N’étant pas du genre à abandonner facilement, Sylvie Norris n’a pas du tout perdu espoir de déloger Bernard Barré du poste de conseiller du district La Provicence.

« Il faut bien que la démocratie s’exerce un peu, quand même! », lance-t-elle pour expliquer son retour aux élections de 2017, bien guérie de sa défaite de 2013.
L’avènement du projet de loi 122, sensé faire des municipalités des gouvernements de proximité lui donne, dit-elle, une raison de plus de vouloir entrer au conseil municipal.
En tant que déléguée du Réseau québécois de l’action communautaire autonome, elle a d’ailleurs participé à la Commission parlementaire sur le projet de loi 122, sanctionnée le 16 juin. « Et on avait exprimé au ministre Coiteux notre inquiétude face à la disparition du pouvoir citoyen avec l’abolition des référendums (sur les modifications aux règlements d’urbanisme). Le rapport de force avec les consortiums n’existe plus », déplore-t-elle.
Elle croit que ce sont surtout les projets en hauteur, comme celui de Réseau Sélection à Saint-Hyacinthe, que les villes et les promoteurs ne voulaient plus voir bloqués par une poignée de citoyens engagés dans la protection de leur quartier. Selon elle, la possibilité qui est donnée aux Villes de ne plus publier leurs avis publics dans les journaux s’inscrit dans la même logique. « Ça va à l’encontre de l’accessibilité à l’information et ça a un impact sur l’avenir des journaux, qui sont notre source d’information régionale et pour lesquels ça devient de plus en plus difficile avec la concurrence d’internet. »
Dans le cas de Réseau Sélection, elle croit qu’une sérieuse réflexion s’impose, conformément au processus de consultation citoyenne prévu dans la nouvelle loi. « Il faut vraiment s’assoir et réfléchir. Est-ce qu’il y a des avantages financiers? Je serais curieuse de voir les retombées d’un tel projet. Ce sont des services pas mal autonomes, ces affaires-là. Et l’emplacement, est-ce le bon, est-ce que ça répond aux besoins des gens du secteur? Il y a aussi les impacts sociaux, quels sont-ils? »
Elle trouve aussi que la Ville en fait beaucoup dans la préparation du projet. « Il me semble que le promoteur pourrait faire certaines démarches lui-même », estime-t-elle.
Dans un autre ordre d’idées, elle trouve que la Ville dépense beaucoup avec l’argent des taxes. « Il me semble qu’on n’est pas super bons pour aller chercher des subventions; d’autres villes de même taille ont été plus favorisées. Je vois Drummondville qui s’est développée à la vitesse « grand V » avec beaucoup d’aide. Huit millions pour le tunnel Casavant, ce n’est pas assez, je le sais pour avoir vu le même projet subventionné aux deux tiers ailleurs », soutient-elle.
Âgée de 42 ans et mère de quatre enfants, Sylvie Norris est directrice du Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec, qui a son bureau à Montréal.

image