22 novembre 2018
Revitalisation du centre-ville
Un chantier ambitieux
Par: Martin Bourassa

Que dire et quoi penser du plan de revitalisation du centre-ville tel que présenté par la Ville de Saint-Hyacinthe? Vous savez, ce plan qui s’articule autour du réaménagement de la promenade Gérard-Côté, de la création d’une Place des spectacles à l’arrière du Centre des arts Juliette-Lassonde et de la disparition d’horodateurs.

Saluons d’abord l’effort, voire la volonté politique de faire quelque chose de concret pour dynamiser le centre-ville après avoir investi massivement dans la construction du centre de congrès, à l’autre extrémité de la ville. D’entendre le maire Claude Corbeil dire que la priorité du conseil est désormais d’agir au et pour le centre-ville est assez réconfortant. Grosso modo, il a l’intention d’investir quelque 33 millions d’argent public pour rendre le centre-ville plus accessible et attrayant pour les Maskoutains, les consommateurs et les investisseurs. On compte aussi sur l’appui des gouvernements supérieurs pour accélérer et financer cet ambitieux chantier. C’est l’aspect plus vaseux du plan. On a bien hâte de savoir quels programmes de subventions on ciblera.

Rappelons que la Ville n’a pu en trouver pour son centre de congrès et n’a rien demandé pour financer la rénovation de son marché public. Dur de croire qu’il y a des millions de dollars à notre portée pour une promenade et une Place des spectacles.

Souhaitons seulement que la Ville ait fait les bons choix. Est-ce qu’une promenade « pimpée » et une Place des spectacles auront un effet d’entraînement significatif? Davantage qu’une bibliothèque de 30 M$ qui aurait abrité sous son toit un musée régional et un centre d’archives? On jase.

Du reste, les experts de la firme Daoust Lestage, mandatés pour cette grande revitalisation cosmétique, ont été forts imaginatifs. Je m’interroge quand même sur les interventions proposées à la promenade. Défaire et refaire ce qui mérite de l’être ça va, tant qu’on ne touche pas aux murets de béton qui protègent le centre-ville des inondations. Ils ont prouvé leur utilité et il faut s’en tenir loin, surtout avec une météo déréglée. Mais comme la Ville de Saint-Hyacinthe a démontré par le passé son incapacité totale à entretenir la promenade actuelle, on se demande si c’est un service à lui rendre en y ajoutant une piste rustique en zone inondable.

Pour ce qui est d’investir 4 M$ dans une Place des spectacles, c’est très beau sur papier ou à Montréal. Mais quand on s’y attarde, on comprend qu’elle servira une dizaine de fois par année pour des spectacles d’envergure comme les Beaux mardis qu’on déplacera sûrement. Ce sera plus beau que le stationnement actuel, mais est-ce que ça fera courir les touristes et les Maskoutains pour autant? Ça reste à voir.

Dans l’ensemble, ce plan de revitalisation n’est pas parfait, mais c’est un point de départ intéressant, même si le fil d’arrivée est loin. Vaut mieux trop d’ambition que pas assez. Idem pour l’objectif de 60 000 résidents d’ici 2020.

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