1 février 2018
Biométhanisation
Un départ tardif, mais un départ canon
Par: Rémi Léonard
Le mois de décembre 2017 a permis à la Ville de Saint-Hyacinthe de tester la production et l’injection de biométhane dans le réseau d’Énergir. Les grands froids ont toutefois causé quelques arrêts de production durant les premières semaines d’opérations, a indiqué Louis Bilodeau.   Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le mois de décembre 2017 a permis à la Ville de Saint-Hyacinthe de tester la production et l’injection de biométhane dans le réseau d’Énergir. Les grands froids ont toutefois causé quelques arrêts de production durant les premières semaines d’opérations, a indiqué Louis Bilodeau. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Maintenant opérationnelle, il ne reste qu’à trouver davantage d’intrants organiques pour que l’usine de biométhanisation de la Ville de Saint-Hyacinthe roule à plein régime.   Photo François Larivière | Le Courrier ©

Maintenant opérationnelle, il ne reste qu’à trouver davantage d’intrants organiques pour que l’usine de biométhanisation de la Ville de Saint-Hyacinthe roule à plein régime. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Fraîchement inaugurée, l’usine de biométhanisation de la Ville de Saint-Hyacinthe n’a pas de temps à perdre pour atteindre son plein potentiel, alors qu’elle roule actuellement à environ 25 % de sa capacité, évalue le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau.

« Au départ, on pensait prendre quatre à cinq ans pour que l’usine fonctionne à 100 %, mais on pense maintenant être capable d’y arriver en six mois », a-t-il affirmé. La clé pour réussir cette fulgurante croissance est de faire le plein de matières organiques à traiter – jusqu’à 200 000 tonnes annuellement – surtout auprès d’entreprises de la région.
Le contenu des bacs bruns des 25 municipalités des MRC des Maskoutains et d’Acton (10 500 tonnes) et les boues d’épuration municipales (18 000 tonnes) ne comptent en effet que pour une part marginale des intrants. Si « chaque citoyen qui utilise adéquatement son bac brun » contribue à l’effort, comme l’a rappelé le maire Claude Corbeil, il faudra tout de même aller chercher ailleurs beaucoup plus de matières premières.
Déjà, la Ville a réussi à s’entendre avec des entreprises privées pour un apport annuel de 52 500 tonnes en résidus organiques, ce qui lui assure un total de 81 000 tonnes d’intrants chaque année. Il reste donc à peu près 120 000 tonnes de résidus organiques à dénicher pour que l’usine puisse fonctionner à plein régime, a reconnu Louis Bilodeau.
Avec le certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement maintenant en poche, le dernier obstacle à la signature d’importants contrats avec des entreprises prêtes à fournir à la Ville des résidus organiques a toutefois été levé, assure le DG. « Plus rien ne nous arrête. La machine est partie », a-t-il lancé vendredi en marge de l’inauguration de l’usine, avec bon espoir de pouvoir annoncer dans les prochains mois des ententes déterminantes.
Priorité au remboursement
Du 5,8 M$ qui devrait entrer dans les coffres de la municipalité en 2018 en lien avec la biométhanisation (2,5 M$ en vente de gaz et 3,3 M$ en réception des résidus), un bénéfice de plus de 1,9 M$ devrait se dégager une fois les dépenses de fonctionnement et les amortissements soustraits, prévoit la Ville. L’ensemble de ce profit sera toutefois versé au remboursement de la dette contractée pour financer le projet, a informé le directeur général, qui entrevoit ainsi un remboursement complet d’ici 7 à 8 ans.
Les revenus tirés de la vente de gaz seront d’ailleurs plus juteux que prévu, étant donné que le gaz naturel produit par la Ville est considéré comme renouvelable par Énergir et est donc vendu plus de deux fois plus cher que le gaz naturel traditionnel, a souligné M. Bilodeau.
La production maximale de 13 millions de m3 de gaz pourrait éventuellement être portée à 16 millions de m3, a-t-il indiqué, et peut-être même à 18 millions de m3, a aussi évoqué Pierre Mathieu, le directeur du service de la gestion des eaux usées et de la biométhanisation de la Ville de Saint-Hyacinthe.
L’éternelle question des bacs bruns
Du côté de la réception des bacs bruns, les problèmes connus dans les dernières années sont maintenant en grande partie réglés par l’ajout d’un « premier tri » à l’usine, assure Louis Bilodeau. Il faut en effet s’assurer que ces intrants soient appropriés pour la biométhanisation, alors qu’on retrouve encore dans les bacs bruns toutes sortes de matières qui n’ont absolument rien d’organique.
Après quelques « essais-erreurs », reconnaît M. Bilodeau, l’étape du broyage des matières organiques est maintenant à point et permet de traiter les matières ligneuses comme les branches de moins d’un pouce de diamètre. Un appel d’offres est par ailleurs en cours pour acquérir un convoyeur qui permettra d’améliorer le processus à la sortie du broyeur. Quant aux feuilles mortes, la Ville pourra dorénavant en traiter une certaine partie à son usine, mais il faudra sans doute encore payer pour les envoyer ailleurs à l’automne prochain, a informé le DG. Même si le traitement des bacs bruns semble donc devenu sous contrôle, on comprend pourquoi le directeur Pierre Mathieu lance à la blague que les bacs bruns représentent « 5 % du volume, mais 95 % des problèmes ».

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