19 octobre 2017
Commotions cérébrales au football
Un nouveau protocole vient changer la donne
Par: Maxime Prévost Durand
Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Depuis cette année, un nouveau protocole de gestion des commotions cérébrales lancé par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) est venu changer la donne quant à la détection et au traitement d’une commotion.

Ce nouvel outil, préparé pour tous les intervenants en milieu sportif et scolaire, a été conçu dans le but d’uniformiser et de simplifier les étapes lorsqu’un incident se produit pour mieux détecter et traiter une commotion cérébrale afin de favoriser une reprise sécuritaire de l’activité.
Samuel Du Sablon, joueur de ligne offensive du Drakkar juvénile, traversait justement les étapes du protocole lorsque rencontré par LE COURRIER. Il avait subi une commotion cérébrale deux semaines plus tôt, possiblement durant l’avant-dernier match de la saison. Ce n’est qu’à l’entraînement quelques jours plus tard que les maux de tête lui ont lancé le signal qu’il était blessé.
« C’est ma deuxième commotion cérébrale », avoue celui qui joue au football depuis plus de six ans. Selon lui, la façon dont elles sont gérées a bien changé dans les dernières années. « Chaque année, on voit que ça évolue un peu plus. Je trouve ça bien la façon dont c’est géré maintenant. Même si on veut souvent revenir au jeu rapidement pour pouvoir aider l’équipe, ils se préoccupent d’abord et avant tout de notre santé. »
À la fin de l’entretien, l’entraîneur Sébastien Blanchette avisait justement Samuel qu’il ne pourrait pas disputer le match de demi-finale face aux Patriotes de l’École secondaire Saint-Joseph vendredi soir. La déception pouvait se lire sur son visage, tandis que son père, à ses côtés, appuyait la décision de l’entraîneur.
Un contrôle plus serré
Pour Julie Morin, thérapeute sportive qui suit notamment les activités des équipes du Drakkar, l’arrivée du protocole oblige un contrôle encore plus serré lorsqu’un joueur subit une commotion. « Ça demande un suivi chaque jour. On doit faire la liste des symptômes avec l’athlète, on regarde comment ça va à l’école, s’il a des difficultés de concentration. On doit aussi faire une évaluation de base avant la saison pour connaître la personnalité de chaque athlète, savoir s’ils ont déjà des difficultés de concentration ou d’apprentissage au quotidien. »
Les 48 premières heures à la suite d’un choc comportant un risque de commotion cérébrale sont les plus importantes. « Si dans ces 48 heures le joueur n’a pas présenté de signes ou de symptômes (maux de tête, problème d’équilibre, trouble de l’élocution, etc.), il peut retourner au jeu sans restriction. Par contre, s’il a des symptômes, on doit le retirer de l’équipe et de l’école complètement parce que le cerveau doit être au repos, autant sur le plan physique que mental », explique-t-elle.
Le retrait du milieu scolaire n’était pas aussi systématique auparavant. « Des fois on le faisait, d’autres fois non. Maintenant, c’est obligatoire », poursuit la thérapeute.
De plus, le joueur doit impérativement voir un médecin pour diagnostiquer la commotion cérébrale. À cet effet, la clinique de Julie Morin, la Zone thérapeutique, profite d’une entente avec une médecin de Mont-Saint-Hilaire pour détecter le plus rapidement possible les commotions cérébrales subies par les joueurs qu’elle suit.
Les méthodes de traitement ont aussi changé et permettent dorénavant à l’athlète de reprendre de façon graduelle les activités physiques et intellectuelles après les 48 premières heures, et ce, même s’il présente encore certains symptômes. « Avant, c’était repos total jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de symptômes, indique Mme Morin. Des recherches ont toutefois démontré qu’activer le corps et la circulation du sang permet d’augmenter le niveau d’oxygène qui se rend au cerveau et ça aide à la guérison. »
Le protocole prévoit une reprise légère de l’activité intellectuelle et physique, comme de la lecture et de la marche durant une vingtaine de minutes pour commencer.
L’intensité des activités augmente ensuite chaque jour jusqu’à la reprise de l’entraînement en salle et le retour en classe durant une demi-journée, puis le retour complet à l’école et à la compétition dans les jours suivants. Pour passer d’une étape à l’autre, une période de 24 heures doit toutefois s’écouler et l’athlète ne doit pas aggraver ses symptômes.

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