7 septembre 2017
Expression
Un récit ouvert sur la femme avec Rooms to move: je, tu, elle
Par: Marie-Pier Leboeuf
L’exposition de Sophie Jodoin, Rooms to move: je, tu, elle, est présentée au centre Expression jusqu’au 29 octobre, avant de se poursuivre au MacLaren Art Centre, en Ontario, et au Musée d’art contemporain des Laurentides. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’exposition de Sophie Jodoin, Rooms to move: je, tu, elle, est présentée au centre Expression jusqu’au 29 octobre, avant de se poursuivre au MacLaren Art Centre, en Ontario, et au Musée d’art contemporain des Laurentides. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La femme est une source d’inspiration pour l’artiste Sophie Jodoin, ce dont témoigne encore une fois sa nouvelle exposition Rooms to move: je, tu, elle, présentée au centre Expression jusqu’au 29 octobre. 

En plus de marquer un tournant dans sa façon de travailler, l’exposition de Sophie Jodoin fait le point sur ses sept dernières années de carrière.
Déclinée en trois volets, elle sera présentée tour à tour dans trois régions pour y dévoiler la femme sous une appellation différente, comme c’est le cas à Saint-Hyacinthe avec Rooms to move : tu. L’échange entre deux personnes, le rapport d’opposition, la complémentarité, la résistance ou encore la relation entre l’environnement et le corps qui l’habite sont quelques exemples de ce qui définit le « tu » dans cette exposition.
Chaque visiteur pourra toutefois en faire sa propre définition personnelle puisque l’exposition de Sophie Jodoin a été pensée sous la formule d’un récit ouvert. « C’est comme si chaque œuvre devient un mot et des phrases pour que chaque personne puisse créer sa propre histoire selon l’endroit où le dessin est placé », a expliqué la commissaire Anne-Marie St-Jean Aubre.
Dans cette exposition, les œuvres de Sophie Jodoin ne sont désormais plus des séries conçues sous un même thème, mais plutôt un assemblage d’œuvres singulières puisées dans les créations de ses sept dernières années.
Le corps qui se faisait très présent auparavant dans ses dessins est maintenant plus discret, quoiqu’il n’est pas absent. Très épurées, les œuvres en noir et blanc mettent bien souvent en reflet des objets ou des mots qui ont tous un lien direct avec le quotidien de la femme, notamment le bas de nylon, le miroir cassé ou le divan. « On veut que ce soit une expérience physique et que le corps projeté devienne celui du visiteur afin qu’il se sente directement concerné. Même les hommes peuvent s’y identifier », a souligné Mme St-Jean Aubre.
Dans un deuxième temps, une salle a été aménagée pour que les visiteurs prennent connaissance d’une centaine de livres d’occasion dont les titres font écho à la femme, et d’une création audiovisuelle pour clore l’exposition.
« C’est une exposition qui aborde la sphère domestique de la femme, la beauté qui vieillit, la pression sociale, ou les modèles par exemple, mais dans un contexte plus poétique que narratif, a résumé Sophie Jodoin. Même si on pointe certaines choses, ce n’est aucunement un propos féministe puisque ce n’est pas revendicateur. »

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