18 décembre 2014
Un spécimen rare à la PHD
Par: Jennifer Blanchette
L’entomologiste Georges Brossard a tenté de réconcilier les élèves en environnement de la PHD avec le mal-aimé monde des insectes.  Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’entomologiste Georges Brossard a tenté de réconcilier les élèves en environnement de la PHD avec le mal-aimé monde des insectes. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les élèves du volet environnement de la Polyvalente Hyacinthe-Delorme (PHD) ont accueilli un enseignant bien particulier la semaine dernière. L’entomologiste et fondateur de l’Insectarium de Montréal, Georges Brossard, a partagé ses conseils pour démarrer une collection d’insectes avec les étudiants en plus de leur expliquer l’importance d’accepter de s’inspirer de plus petit que soi.  

« On appelle bibittes tout ce que l’on ne connaît pas. J’appelle plutôt ça de la maudite ignorance crasse. Ce sont des insectes et nous allons apprendre à les monter. Vous en faites pas, ils sont morts! »

La table était mise pour la prochaine heure que passerait la soixantaine d’élèves de1re et 2e secondaire avec l’avocat des insectes, Georges Brossard, à épingler et à étaler trois arthropodes. Il donnait par la suite une conférence à l’ensemble des élèves de 1re secondaire.   

Le jeune public devait d’abord immobiliser l’insecte grâce à une aiguille entomologique, qui ne rouille pas, pour ensuite monter et étendre avec symétrie la petite bête sur un morceau de styromousse.

Partagés entre le dégoût et la fascination, ces étudiants dont le programme est axé sur la sauvegarde et la découverte de la nature ont rapidement appris que la crainte des insectes n’avait pas sa place dans la classe du coloré entomologiste, ni dans leur quotidien. « Ça ne pique pas. Ça ne mord pas. Pis on va régler ça tout de suite la peur », s’est-il exclamé en prenant la grosse bestiole qu’il avait sur l’épaule pour la mettre dans la main des jeunes.

Le véritable test était toutefois à venir avec l’apparition d’une mygale et d’un scorpion. « Si t’as peur, tu sors », défiait M. Brossard en approchant du groupe fébrile la grosse araignée velue. « La mygale vit 20 ans et pond 80 bébés par année. On se réconcilie avec elle quand on la voit comme une mère. Pourtant, on continue de faire un détour pour aller écraser les insectes au sol. Accepterais-tu d’être écrasé par un gros dinosaure toi? Non, tu dirais que même si tu es petit, ta vie a plus de valeur que ça. »   

En plus des montages des élèves, la PHD pourra exposer des boîtes de collection d’insectes montées et remises par Georges Brossard.

Des idées de grandeur

« Souvent, notre futur commence par un rêve. C’est ça la différence entre un homme et un animal. Nous, on peut rêver tandis qu’eux n’agissent que par instinct », a lancé M. Brossard devant un auditorium plein à craquer.

Dans son cas, il aura fallu qu’un papillon se pose sur son épaule en Thaïlande, des années plus tard, pour qu’il renoue avec son ambition d’antan, la chasse aux insectes.

En entrevue au COURRIER, Georges Brossard a confié que si tout ce qu’il touche réussi, c’est n’est dû qu’à son dur labeur. « Il n’y a pas eu de chance dans mon parcours. Juste beaucoup de travail. Tu sais, les insectes ont toujours été là pis personne en voulait donc je les ai pris, moi. Je m’inspire de choses que les autres ne voient pas. »

Cet ancien notaire millionnaire reconnaît lui-même être plus humaniste que scientifique. « Je suis un entomologiste autodidacte. Je n’ai pas eu besoin d’aller à l’université pour devenir savant et contribuer à la science. J’ai ouvert le 1er insectarium des Amériques à 50 ans et j’ai fait ça en étant notaire. Je n’étais pas entomologiste », a raconté avec fougue l’orateur de 75 ans.

Loin de dénigrer l’enseignement, une profession qu’il considère d’ailleurs comme la « moins égoïste qui existe », le résident de Saint-Bruno essaie plutôt de transmettre ses connaissances aux plus petits et de les encourager à se détacher de leurs peurs.

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