15 février 2018
carte blanche
Un travail bâclé?
Par: Pierre Bornais

Ainsi, le ministre Barette estime que sa réforme du système de santé au Québec est complétée et qu’il lui reste à peaufiner le tout pour le rendre parfait ou presque! Se peut-il qu’il vive au quotidien dans une autre réalité et qu’il prenne son activisme débridé pour de l’excellence, ignorant ce qui se passe dans le réseau?

Sa réaction après une rencontre avec la représentante du personnel infirmier n’est pas sans susciter bien des interrogations. Comme s’il prenait conscience de la problématique qui est monnaie courante dans ce secteur névralgique de l’univers de la santé partout au Québec. Et que le gestionnaire autoritaire qu’il est pouvait, tout à coup, se métamorphoser en humaniste préoccupé par l’intérêt général.
Si on ajoute à cela tous les autres problèmes signalés en lien avec la concentration des activités et les ententes généreuses avec certains professionnels, au détriment des autres, il serait plus adéquat de parler d’un travail bâclé. Avec l’économie qui va si bien, le gouvernement au complet a accès à des ressources financières additionnelles.
Mais il semble bien que cela ne suffise pas pour rétablir un sain climat de travail en santé puisqu’en dépit des fonds disponibles, on n’arrive pas à engager le personnel adéquat. De plus en plus d’infirmières et d’infirmiers abandonnent leur poste après quelques années seulement, tellement les conditions générales de travail laissent à désirer. Et les optométristes qui menacent de quitter le giron des services assumés pour soigner les enfants et les personnes âgées.
On pourrait ajouter à cette courte liste le recours au privé devenant de plus en plus courant chez les professionnels; au détriment des moins bien nantis de la société.

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