2 février 2012
Funérailles de Diane Grégoire
Une cérémonie remplie d’amour
Par: Le Courrier

Des centaines de personnes ont rendu un dernier hommage à la Maskoutaine Diane Grégoire, samedi, après quatre ans presque jour pour jour de recherches, de larmes, de rebondissements et de questions laissées sans réponses.

La foule bigarrée a rempli l’église Sainte-Rosalie. Sur le parvis, on reconnaissait les membres de la famille, amies et collègues de Diane Grégoire, mais aussi des policiers, enquêteurs et secouristes ayant participé aux recherches.

Plusieurs Maskoutains, qui avaient croisé Mme Grégoire à une époque ou à une autre, ont aussi profité de l’occasion pour venir rendre hommage à cette femme « que tout le monde aimait ». Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, président de l’Associatoin des familles de personnes assassinées ou disparues, était aussi présent pour épauler les proches de Diane Grégoire dans cette ultime épreuve. D’autres parents d’enfants disparus l’accompagnaient. Malgré la douleur palpable, il régnait un grand sentiment de paix à l’approche de ce dernier adieu. « Aujourd’hui, c’est une journée pour Diane. Pour Diane l’amie, Diane la mère, a noté une amie de longue date, France Gendron, qui avait préparé un hommage pour la cérémonie. Aujourd’hui, on ne parle pas de ce qui est arrivé avant. On n’est pas ici pour régler des comptes. »Vers 10 h 30, les enfants de Diane Grégoire ont ouvert le cortège funèbre portant dans leur bras une photo de leur mère, le sourire radieux, quelques mètres derrière son urne tenue par un porteur. À la demande de la famille, la cérémonie s’est tenue en privé, sans la présence des médias. La délicate cérémonie avait été confiée au chanoine Yvon Alix, qui avait déjà célébré les messes du premier et du second anniversaire de disparition de Mme Grégoire.Après un peu plus d’une heure, les quelque 300 personnes ont quitté l’église, les yeux rougis par ces moments remplis d’émotion. Au cours des funérailles, Francis et Élizabeth ont courageusement rendu hommage à leur mère, tout comme ses plus proches amies.Dans une allocution qui a suivi la cérémonie, le cousin de Diane Grégoire, Daniel Grégoire, s’est adressé aux médias pour une rare fois. « C’est avec le coeur gros que je prends la parole aujourd’hui. Nous avons tenu le silence pendant les dernières années, qui étaient néanmoins pénibles pour notre famille, afin de ne pas nuire à l’enquête et de protéger les enfants de Diane dans cette épreuve, a-t-il dit, entouré d’autres cousins et cousines de la disparue. Ceci met fin à des années de calvaire pour nous tous, désormais libérés à jamais de cette emprise machiavélique. » Rappelons que M. Grégoire avait porté plainte pour harcèlement contre Paul Laplante en 2009 après que ce dernier lui ait fait craindre pour sa sécurité et celle de ses proches. M. Grégoire a par ailleurs eu une pensée pour tous ceux qui ont été touchés de près ou de loin par ce drame sans nom. Il a remercié chaleureusement les policiers et tous ceux qui ont contribué aux recherches pour retrouver la disparue, qu’il considérait comme sa soeur, avant de saluer tous les Québécois qui ont épaulé la famille pendant ces moments difficiles.« Cette journée en hommage à Diane nous rappelle la femme exceptionnelle qu’elle était et qui se dévouait corps et âme pour ses enfants », a-t-il conclu.Diane Grégoire a été portée disparue le 31 janvier 2008, à l’âge de 51 ans. Sa dépouille a été retrouvée en novembre dernier, dans un secteur boisé de Coteau-du-Lac. Son mari, Paul Laplante, a été arrêté trois semaines plus tard et accusé du meurtre prémédité de son épouse. Il s’est suicidé en prison. Des obsèques privées, selon ses dernières volontés, devraient avoir lieu « ultérieurement », a fait savoir la famille.

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