9 février 2012
Marche contre l'intimidation à Saint-Hyacinthe
Une mère, un combat
Par: Le Courrier

Le jour où elle a lu sur Facebook que son garçon pensait au suicide, Isabelle Marchand a décidé de prendre à bras le corps la cause de l’intimidation à l’école. Pour mettre fin à ce tabou – « une patate chaude que se renvoient parents, enseignants, directions d’école, commissions scolaires et autres spécialistes » – Mme Marchand a fait de l’intimidation la cause de tout le monde en organisant des marches aux quatre coins du Québec. Et c’est à Saint-Hyacinthe que se tiendra la prochaine, ce samedi.

« C’est notre cause, qu’on soutient ensemble, mes trois enfants, mon conjoint et moi, explique-t-elle. On ne comprend pas qu’encore aujourd’hui, les adultes ferment les yeux sur ce qu’ils appellent « des chicanes d’enfants ». Un enfant, ça dit beaucoup de choses sans toujours comprendre la portée des mots et le mal qu’ils peuvent faire. C’est à nous de leur apprendre. »

Bien avant le suicide de la petite Marjorie Raymond, qui a fait grand bruit à l’automne, Isabelle Marchand et son fils Maxime Collard, 13 ans, avaient entamé une tournée des médias pour dénoncer l’intimidation en milieu scolaire, mais surtout pour que toutes les personnes concernées sentent qu’elles font partie de la solution. Le jour même où Marjorie en finissait avec la vie, Mme Marchand et son fils recevaient un prix de la Fondation de la tolérance. « La vie fait drôlement les choses. J’ai vu ça comme un signe de plus qu’il y avait un combat à mener. »Au printemps 2011, Maxime avait lui aussi pensé au suicide. « Quand je l’ai appris, j’étais consternée, confie sa mère. En tant que parent, on veut que notre enfant ait une vraie estime de lui-même, qu’il ait confiance, qu’il ait des rêves. » Les idées noires de Maxime étaient le résultat de plusieurs années d’intimidation. Depuis le tout début de son parcours scolaire, il avait changé d’école presque chaque année, ne pouvant se résoudre à retrouver ceux qui faisaient de sa vie un cauchemar après les vacances d’été. Et depuis le début de son parcours scolaire, sa mère avait fait des pieds et des mains pour convaincre le milieu scolaire d’agir.Puis, devant l’inertie générale, Mme Marchand a pris les choses en main. Quelques semaines plus tard, Maxime témoignait même sur toutes les chaînes de télévision de son calvaire et de l’importance de parler d’un problème qui ne connaît pas de frontière ni d’âge.« La semaine suivante, il se faisait quand même lancer des roches dans la cour d’école. C’est dire comment personne ne veut être associé à ce problème. C’est assez! Il faut que des actions concrètes soient posées à l’intérieur des établissements scolaires. »Aujourd’hui, Maxime fréquente une nouvelle école, où il se sent beaucoup mieux et où l’intimidation est prise au sérieux, preuve qu’il est possible d’intervenir si l’on s’en donne les moyens. Le samedi 11 février, c’est ce message qu’il livrera à Saint-Hyacinthe avec ses parents et ses frères lors d’une marche d’une vingtaine de minutes. La famille invite tout le monde à se joindre à eux pour « éveiller les consciences ». Ceux qui ne peuvent se rendre à la marche peuvent tout de même appuyer le mouvement en signant une pétition qui sera livrée à l’Assemblée nationale début avril. Consultez le site contrelintimidation.wordpress.com.Marche contre l’intimidation Le samedi 11 février, à 11 hDépart devant l’École secondaire Saint-Joseph, rue Bourdages Nord-30-

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