11 décembre 2014
Une ville plus verte au péril de notre ossature…
Par: Le Courrier

Jeudi dernier, le 3 décembre, je quitte mon domicile pour me rendre au travail. Je constate dès que les roues touchent le bitume (glacé) de ma rue du quartier Assomption que je peux quasiment voir le reflet de mon véhicule sur ce qu’encore hier je pouvais qualifier de rue, mais qui aujourd’hui est devenue une patinoire en bonne et due forme. Non, pas aussi belle, moderne et aux rafraîchissements onéreux que notre nouveau complexe multi-glaces, mais un beau modèle. Un peu plus et je troquais mon véhicule pour mes patins. Le redoux de la veille avait figé, viré au solide.

Je téléphone au service des requêtes de la Ville, réponse du genre « oui monsieur, on va régler la situation bientôt », je me dis alors que lorsque je reviendrai chez moi, j’aurai de nouveau une rue.

Vers 17 heures, retour à la maison, encore une belle patinoire. Je vais sur le site Internet de la ville et je cite ici textuellement la surprise qui m’attendait : « dans les rues résidentielles, il n’y a plus d’épandage de fondants et abrasifs, sauf lorsque les conditions climatiques rendent leur application inévitable. Les automobilistes doivent donc apprendre à circuler sur la neige durcie ». Pour une ville plus verte…

Si ce lendemain de bordée de neige-verglas-redoux-froid ne constituait pas une situation rendant l’application inévitable de sel/abrasif, je ne sais pas ce que constitue une situation rendant l’application inévitable. Plus vert, je veux bien, mais à quel prix?

Les carrossiers de la ville, eux, feront des affaires d’or. Y’aura des courants d’air aux portes de l’urgence (comme si celle d’Honoré-Mercier n’était pas déjà assez engorgée comme ça). Les braves joggeurs resteront sur le tapis roulant et toute marche de digestion pré-roupillon deviendra une épopée du plus grand danger… Quand on sait l’âge moyen de la population de la ville, j’appréhende déjà la catastrophe.

Pour une ville vraiment plus verte, chers élus, considérez donc des mesures d’économie de l’eau potable, comme par exemple, interdire tout arrosage de gazon en été, à moins de se procurer un permis le justifiant, en cas par exemple de semis ou de pose de tourbe. Parce qu’à observer dans mon quartier tous les soirs pairs de l’été quelques insouciants arrosant leur gazon ad nauseam avec leurs damnés gicleurs, je me dis que ce n’est pas la ville qui risque de devenir plus verte, c’est moi qui virera au vert (de colère).

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