14 février 2019
Vers une fusion DEM et Saint-Hyacinthe Technopole
Par: Benoît Lapierre

André Barnabé, directeur général de Saint-Hyacinthe Technopole, et Charles Fillion, directeur associé de Développement économique des Maskoutains. Photothèque | Le Courrier ©

La cohabitation des structures Saint-Hyacinthe Technopole et Développement économique des Maskoutains (DEM) comme moteurs de développement dans l’espace économique régional tire vraisemblablement à sa fin.

Le maintien de ces deux entités aux mandats similaires, qui logent au 1000, rue Dessaulles, n’est pas du tout souhaitable, juge Espace Stratégies, le consultant qui a réalisé sur le sujet une étude de 34 411 $. Celle-ci avait été commandée par la MRC à l’été 2018 à la suggestion de Saint-Hyacinthe et de son maire, Claude Corbeil, lequel semblait craindre que le chevauchement des missions des deux bureaux nuise à leur efficacité.

Espace Stratégies lui donne entièrement raison dans son rapport de 24 pages sur lequel LE COURRIER a pu mettre la main. Le document est daté d’octobre 2018, mais selon nos informations, il n’aurait été transmis que tout récemment aux maires formant le conseil de la MRC des Maskoutains et qui seront bientôt à l’heure des grandes décisions dans le dossier.

Pour le moment, DEM, mis en place en 2015 après la disparition du Centre local de développement (CLD), relève directement du conseil des maires, lui-même épaulé par une Commission de développement économique. Quant à Saint-Hyacinthe Technopole, un organisme indépendant financé par la Ville et né le 1er avril 2015, son mandat concerne exclusivement le territoire de Saint-Hyacinthe.

Un seul organisme incluant Forum-2020

Au terme de son « Étude sur l’optimisation de la gouvernance du développement économique sur le territoire des Maskoutains », Espace Stratégies en vient à la conclusion qu’il serait préférable, pour les acteurs politiques, de « structurer un seul organisme responsable des fonctions-clés du développement économique pour l’ensemble des municipalités du territoire maskoutain » et de « mettre en place un cadre de reddition de comptes permettant aux élus de déléguer la compétence de développement économique, tout en assurant le suivi des indicateurs et un contrôle des résultats ».

Le consultant prône donc la mise en place d’un nouvel organisme sans but lucratif (OSBL) à qui la MRC délèguerait sa compétence en matière de développement économique pour tout le territoire, incluant la ville-centre, ce qui signifie la dissolution de l’OSBL Saint-Hyacinthe Technopole. Cette nouvelle structure centraliserait toutes les compétences à caractère économique – industrie, commerce, tourisme, économie sociale, agriculture – et chapeauterait aussi les activités de l’organisme Forum-2020 « afin de mieux répondre aux besoins des entreprises en ce qui a trait à la main-d’œuvre et d’inciter à la synergie avec les autres compétences ».

Échec de la formule

Dans son diagnostic sur DEM et Saint-Hyacinthe Technopole établi à partir de sources diverses, dont les directeurs des deux services, le consultant souligne que, s’il y avait maintien de la structure de gouvernance actuelle, cela ne pourrait être qu’au détriment du développement économique de la ville-centre et de la région. Il identifie de nombreuses « menaces potentielles » qui découleraient du statu quo, et notamment dans la gouvernance elle-même.

« Les intervenants responsables des deux organisations sont insatisfaits de devoir arbitrer des conflits entre deux organisations plutôt que de réaliser leur mandat. La compétition ville-centre et territoire maskoutain entretenue par les deux organismes est nuisible pour le développement des collectivités », peut-on lire.

Espace Stratégies laisse aussi entendre que le phénomène du dédoublement est bien réel dans le quotidien des deux organisations. « Le dédoublement dans l’accompagnement d’entreprises, le dédoublement dans l’accompagnement sur le territoire de Saint-Hyacinthe ainsi que le dédoublement d’activités (visites industrielles, répertoires, bases de données, etc.) nuisent à la crédibilité des deux organisations et des instances qui les gouvernent. […] L’offre de service redondante entraîne de la confusion pour la clientèle et peut engendrer la double utilisation des ressources. […] Le dédoublement de certains coûts est inévitable lorsque les activités sont effectuées en double (accompagnement, communications, visites industrielles) », poursuit le consultant.

L’organigramme des deux organisations et les caractéristiques financières du modèle actuel de gouvernance ne sont pas abordés dans le rapport. Il n’y est pas question non plus des économies que pourrait engendrer un regroupement des ressources dans un nouvel OSBL.

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