13 septembre 2012
150 ans de présence anglicane à Acton Vale
Par: Le Courrier
L’église anglicane St Mark’s et la maison du pasteur vers 1915.

L’église anglicane St Mark’s et la maison du pasteur vers 1915.

À Acton Vale; la population anglaise et protestante était aussi desservie selon ses convictions religieuses. Au début, une mission avec un prédicateur itinérant avait suffi.

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À Acton Vale; la population anglaise et protestante était aussi desservie selon ses convictions religieuses. Au début, une mission avec un prédicateur itinérant avait suffi.

Le recensement de 1861 pour le village d’Acton Vale donne quelque 300 protestants, dont 205 anglicans sur une population de 2 703 pour tout le canton d’Acton. Le véritable fondateur de cette mission, qui ne devint jamais une paroisse, demeure le révérend Louis Campbell Würtele; il est né à Québec le 1 er septembre 1831, il était le fils de Jonathan Würtele, seigneur de la Rivière David et de Sophia Campbell. Diplômé du Collège Bishop’s de Lennoxville où il étudia de 1853 à 1867, il se distingua dans les mathématiques et les langues parvenant à maîtriser le français, l’allemand, le latin et l’hébreu, et de Londres, pour étudier les sciences. Il était bien préparé à sa tâche, il acceptait ce poste le 26 mai 1862. De retour à Québec, il reçut la consécration au diaconat le 25 septembre 1859 et à la prêtrise en 1861. Après un an comme missionnaire itinérant dans le district du Saint-François on lui confiait la mission d’Acton; il devait aussi desservir South Durham, puis Upton. Jusqu’à sa retraite en 1917, il demeura à son poste et il mourut le 4 avril, 1919, et fut inhumé dans le petit cimetière attenant à sa chère église. Le révérend Würtele avait épousé en première noces (1860), Emily Towle, de Lennoxville, qui lui avait donné une fille et, en secondes noces (1874), Isabella Hunter, de Richmond, Maine, mère de ses deux fils. On reconnaissait chez lui le personnage d’une exquise courtoisie doublée d’une grande humilité et d’une charité sans borne, il fut très estimé dans tous les milieux. C’est lui qui a surveillé la construction de l’église St. Mark’s, laquelle fut mise en chantier à la fin de 1862 et achevée en 1864. Cette église est toujours existante, ainsi que la résidence attenante. Si les catholiques avaient eu leur commission scolaire assez tôt, les dissidents s’organisèrent de même en regroupant anglicans, méthodistes et autres et on sait que le 26 septembre 1863 elle est existante, même si les premiers procès-verbaux en sont perdus. Mais la présence de cette école anglaise et protestante devait amener quelques frictions et surtout irriter les curés de Saint-André. En effet, les catholiques étaient toujours tentés de fréquenter cette maison d’éducation, en premier lieu pour y apprendre l’anglais et ensuite parce qu’elle était moins achalandée que les autres. Pour empêcher cette alternative de sévères restrictions furent imposées aux catholiques et l’obligation d’obtenir la permission de l’évêque fut décrétée. Mais les curés n’acceptaient pas de bonne grâce cette solution et le curé Joseph Jodoin demanda à son évêque d’interdire tout simplement cette pratique face à une épidémie d’enfants catholiques aux écoles anglaises en 1889, avec ou sans permission. La population anglaise disparut presque complètement d’Acton Vale, mais une Commission scolaire, appelée dissidente, réussit à se maintenir jusque vers 1922 et le révérend Würtele en fut le secrétaire pendant de longues années. Dans ses mémoires, le docteur Jean Lafond, originaire d’Acton Vale, notait : « À Acton Vale, vers 1920, les Anglais et les protestants n’étaient pas nombreux et ils étaient mal considérés du clergé et des éducateurs religieux. Je ne répéterai pas les âneries prononcées à leur sujet et tous les maux qu’à tort on leur attribuait. J’ai connu le pasteur Würtele de l’église anglicane appelée « Meeting Place » et que les Canadiens avaient transformé en « mitaine ». L’église anglicane est située près de la résidence des Würtele. Un été, je m’étais aventuré près de l’église et, par la porte ouverte, j’avais entendu une partie de son « preaching »; il parlait de Dieu avec des accents de foi aussi intense que celle de notre curé. Ses paroles sur la charité chrétienne et l’amour du prochain étaient douces à entendre. Leur maison « The Parsonage » en briques, entourée de grands pins, était fraîche et accueillante; la joie de vivre s’en dégageait. Dans les années quarante, les jumelles Würtele, Rhona et Rhoda, s’illustrèrent dans les championnats mondiaux de ski alpin. [Elles ont fait partie de la délégation canadienne aux jeux olympiques de 1948 à St-Moritz.] Nous étions fiers de dire qu’elles avaient leur résidence d’été à Acton Vale où était venu leur grand-père Louis pour occuper le poste de pasteur de l’église protestante St. Mark. La célèbre danseuse Margie Gillis est la fille de Rhona et cette génération compte aussi plusieurs athlètes de renom ».

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