3 janvier 2019
Gestion des matières résiduelles
2019 sera bien tranquille à la RIAM
Par: Benoît Lapierre

Sur le territoire de la RIAM, les citoyens devront à nouveau attendre jusqu’au printemps avant d’aller porter à l’écocentre résidus de construction et autres rebuts encombrants. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Profitant de contrats de cinq ans d’enlèvement et de traitement des rebuts domestiques qui ne viendront à échéance qu’à la fin de 2020, la Régie intermunicipale d’Acton et des Maskoutains (RIAM) vit une autre période assez calme sur le plan financier, et celle-ci ne sera pas troublée par l’aboutissement d’un quelconque projet à l’étude.

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L’année 2019 ne sera pas celle des nouveautés dans la gestion des matières résiduelles sur les territoires des MRC d’Acton et des Maskoutains, comptant 25 municipalités et plus de 35 000 portes desservies. Le projet dont on parle le plus souvent – le déplacement de l’écocentre de la rue Brouillette, à Saint-Hyacinthe, vers un nouveau site sur la rue Lemire -, n’est pas pour demain, a indiqué le directeur général de la RIAM, Réjean Pion.

« Ce n’est pas le dossier dans lequel nous avons le plus progressé », reconnaît-il. Il a mentionné que l’étude de caractérisation de 39 000 $ commandée par la Ville de Saint-Hyacinthe en 2016 avait démontré que l’emplacement examiné, contenant les reliques du vieux dépotoir de Saint-Joseph, était trop contaminé pour permettre l’implantation d’un bâtiment – les futurs bureaux de la RIAM -, à moins d’être restauré à un coût supérieur à 1 M$.

Devant ce résultat décevant, poursuit M. Pion, la Ville et la RIAM ont porté leur attention sur un autre terrain vague municipal situé un peu plus loin, au nord-est de Lemire. Mais comme ce site se trouve près du boisé des Douze, traversé par le ruisseau de la Décharge des Douze, la Ville, dit-il, doit vérifier auprès du ministère de l’Environnement si le projet est conforme à de nouvelles règles en matière de protection des cours d’eau. Bref, impossible de prédire quand le projet du nouvel écocentre avec bâtiment administratif pourra se concrétiser, et cela bien que la RIAM lui réserve une enveloppe de 800 000 $, sur des surplus totalisant 1,36 M$.

Pour l’heure, le fonctionnement des écocentres de Saint-Hyacinthe et d’Acton Vale ne changera pas, et ils demeureront fermés durant les mois d’hiver. Pourtant, au Québec, d’autres écocentres restent accessibles durant la saison froide. C’est notamment le cas à Granby et Waterloo (MRC La Haute-Yamaska), à Drummondville et Victoriaville aussi. Réjean Pion ne ferme pas la porte à la création d’un écocentre quatre saisons dans le cadre du projet de la rue Lemire, mais il aborde le sujet avec prudence.

« Honnêtement, j’en ai discuté avec mes collègues (gestionnaires de tels écocentres) et plusieurs regrettent d’être allés dans cette voie. La neige et la glace se mêlent aux matières, ça augmente le poids des conteneurs, ce n’est pas évident. À Victoriaville, ils possèdent un site couvert et c’est beaucoup plus facile. Un écocentre en hiver, c’est plus compliqué, mais je ne vous dis pas qu’on ne sera pas là dans deux ans ou dans quatre ans », répond-il.

Bacs bruns : 580 000 $

Si la RIAM n’a rien révolutionné dans la gestion des écocentres, en revanche, elle fait figure de pionnière avec ses bacs bruns implantés en 2007 et destinés aux matières organiques domestiques. En vertu de l’entente de 10 ans signée avec la Ville de Saint-Hyacinthe à l’automne 2014, c’est elle qui se charge maintenant de la valorisation de ces matières. Cela devait se faire par biométhanisation et non plus par compostage, mais les matières ligneuses que les citoyens déposent dans les bacs forcent encore la Ville à recourir à l’ancienne méthode. D’abord expédié dans les Laurentides, à 143 km de Saint-Hyacinthe, le contenu des bacs bruns – 10 000 tonnes par an – se retrouve maintenant au centre de compostage Englobe, à Bury, dans les Cantons de l’Est, distant de 150 km. Le coût de transport (10 $) et de traitement (48 $) s’élève à 58 $ la tonne, ce qui représente une facture de 580 000 $ sur une base annuelle. Comme la Régie verse à la Ville 40,82 $ la tonne pour la gestion des matières organiques, le manque à gagner pour Saint-Hyacinthe se chiffre à 171 800 $ par an, dont 80 746 $ pour le transport et le traitement des matières en provenance des 16 autres municipalités (47 % du tonnage).

Budget

En prévision de 2019, la RIAM a adopté en septembre un budget de 9 453 025 $, ce qui représente une hausse de 143 000 $ par rapport au budget 2018, de 9 310 025 $.

Les contributions des municipalités membres s’élèveront à 9 262 025 $, ce à quoi s’ajoutent des revenus divers de 25 000 $ et une somme de 169 000 $ provenant des surplus accumulés. Les dépenses liées au traitement des matières résiduelles s’élèvent à 9 019 100 $, tandis que le montant alloué à l’administration générale se chiffre à 433 925 $ (4,6 % du budget).

Toutefois, M. Pion signale que le budget de la RIAM ne reflète pas la charge réelle supportée par les municipalités puisque celles-ci ont droit à des compensations pour leurs efforts de sauvegarde de l’environnement.

Ainsi, cette année, elles se partageront des retours totalisant environ 2,6 M$, lesquels reflètent leur performance de 2017 dans la valorisation des matières recueillies. D’une part, elles recevront un montant total de 1 488 300 $ provenant des fonds financés par les producteurs de matières résiduelles, somme représentant 97 % du coût total des opérations de collecte, de transport et de traitement des matières recyclables.

D’autre part, elles toucheront une tranche de 820 419 $ sur le produit de la redevance à l’élimination, cette surtaxe de 22 $ la tonne que doivent payer les générateurs des déchets qui sont envoyés à l’enfouissement. Divers facteurs de performance sont considérés dans le calcul de ces retours sur l’investissement, a précisé Réjean Pion.

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